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Presse

Le groupe Dassault au seuil de la maison Socpresse

29/01/2004

À deux mois de l'échéance de son prêt à la Socpresse, Dassault est en mesure de prendre le contrôle du deuxième groupe de presse français. Les héritiers Hersant ont pris des dispositions fiscales pour vendre dans les meilleures conditions.

Serge Dassault n'a jamais été aussi proche de réaliser son rêve : devenir l'un des plus gros magnats de la presse française. En effet, tous les éléments sont en place pour que l'industriel prenne d'ici à deux mois le contrôle de la Socpresse, l'éditeur duFigaro(1). Déjà propriétaire de 30 % du groupe de presse, il dispose d'un argument massue : le prêt de 230 millions d'euros consenti pour financer l'acquisition du groupe Express-Expansion, fin août 2003, arrive à échéance fin mars 2004. Or ce prêt, dont nous avions révélé l'existence (lireStratégiesn° 1303), la Socpresse ne peut le rembourser en numéraire du fait de la conjoncture économique. Par ailleurs, l'échappatoire imaginée par Yves de Chaisemartin, président de la Socpresse, avec l'appui du fonds d'investissement Blackstone, a fait long feu : ses conditions, dictées elles aussi par l'état du marché, étaient moins favorables que l'offre de Dassault.

Restent deux options. Dans la première, Dassault exerce la garantie de son prêt sur les biens acquis et se rembourse en devenant propriétaire du groupe Express-Expansion. Une hypothèse révélée parLe Mondeet dont la possibilité est confirmée chez l'industriel. Autre solution : l'avionneur profite de sa position de créancier pour prendre la majorité, voire la totalité, de la Socpresse. Ce second scénario n'exclut d'ailleurs pas forcément le premier.« Si le tour de table a besoin ou envie de vendre tout ou partie du capital, nous n'avons jamais caché que nous serions intéressés »,reconnaît Rudi Roussillon, le conseiller de Serge Dassault pour les médias. Début 2002, Dassault s'était en effet accordé avec les Hersant pour monter progressivement au capital. Mais Philippe Hersant, patron de France Antilles, l'autre branche de l'empire Hersant, a convaincu cet été sa famille de bloquer toute transaction.

Seuls trois héritiers résident en France

Depuis, le contexte a évolué pour les héritiers Hersant. En juin 2003, Philippe a déboursé 135 millions d'euros pour l'acquisition du numéro deux de la presse gratuite en France, Comareg.« Il a maintenant besoin d'argent »,affirme un connaisseur du dossier. Par ailleurs, depuis le 1er juillet, ce Genevois d'adoption, propriétaire de trois quotidiens suisses, est devenu citoyen helvétique. Il bénéficie, du coup, du régime fiscal avantageux que réserve ce pays aux gros patrimoines. Un timing un peu trop précis pour être lié au seul hasard... Chef de famille incontesté et seul professionnel des médias parmi les héritiers de « RH », Philippe n'est pas le premier actionnaire de la Socpresse : il est supplanté par Aude Hersant, qui cherche à vendre ses parts (13 %), et qui a élu domicile aux États-Unis. Un autre héritier, Mick Hersant, réside, lui, depuis longtemps en Grande-Bretagne. Au total, sur les treize héritiers, dix ne seraient plus actuellement résidents français.« C'est très net : tous se sont placés dans une optique d'optimisation fiscale pour se préparer à une cession »,affirme un banquier. De son côté, Rudi Roussillon confirme :« Les héritiers vendeurs sont de plus en plus nombreux. »Le pacte d'actionnaires qui les lie ne peut se dénouer que d'un commun accord. Dassault peut aussi compter sur les 5 % détenus par le management de la Socpresse.

Du coup, les héritiers hésiteraient entre une cession partielle, donnant à Dassault la majorité, ou totale de leurs participations. Dans les deux cas, Dassault deviendrait maître à bord. Le seul obstacle - de taille- reste le prix. Le 30 janvier 2002, l'avionneur avait accepté de payer cher (366 millions d'euros) son ticket d'entrée. Deux ans plus tard, et compte tenu de la faible rentabilité et du travail de restructuration à effectuer, il n'est plus prêt à faire de folies. Dans son classement des grandes fortunes, le magazineChallengesévaluait en juillet dernier la participation des Hersant dans la Socpresse à 700 millions d'euros, valorisant ainsi le groupe à 1 milliard. Un chiffre approximatif confirmé par les financiers. Et qui représente un gros morceau, même pour les Dassault, dont la fortune est évaluée à 3,3 milliards d'euros.

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