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Télévision

Les SMS au secours de l'oeuvre audiovisuelle ?

12/02/2004

Les auteurs et producteurs de télévision s'organisent pour demander une redéfinition de l'oeuvre audiovisuelle et la taxation des recettes SMS des chaînes.

Historique. En 2003, pour la première fois, les recettes de diversification du groupe M6, en hausse de 53,5 % à 601,7 millions d'euros, ont été supérieures à celles issues de la publicité, en augmentation d'un petit 3,3 %, à 575,2 millions d'euros. Parmi ces revenus hors antenne, les SMS sont dans le collimateur des professionnels de la création audiovisuelle. Pour eux, cette manne en plein essor doit contribuer au Compte de soutien à l'industrie des programmes (Cosip). Une astuce permet en effet aux chaînes d'échapper à leurs obligations d'investissement dans la production : il suffit de facturer les revenus de la téléphonie mobile via des filiales telles que M6 Web. Résultat, le chiffre d'affaires des chaînes, qui est taxé à hauteur de 5,5 % pour alimenter le Cosip, n'intègre pas ces recettes issues de la téléphonie mobile avec ses appels surtaxés.« Pendant des années,explique Jacques Peskine, délégué général de l'Union syndicale de la production audiovisuelle (Uspa),nous avons compris que M6, dans une phase de développement, tire sur la corde. Mais, aujourd'hui, nous constatons une résistance manifeste de la part des diffuseurs, ce qui nous pousse à dire qu'il y a urgence. »Simone Harari, PDG de Télé Images et nouvelle présidente de l'Uspa, renchérit en estimant« incompréhensible »ce principe d'exclusion des SMS de l'assiette des obligations de production.« Depuis toujours,note-t-elle,les recettes de publicité à la télévision sont perçues par une filiale. »

Ce chantier n'est pas le seul à mobiliser les professionnels. Sur les traces du ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, qui s'est engagé à réformer le système, ils espèrent avant le mois d'avril une révision par décret de la définition de l'oeuvre audiovisuelle. En ligne de mire : les chaînes qui font« d'une définition laxiste un usage massif », dixit l'interprofession. Exemple : les magazines. Il suffit que moins de la moitié du programme soit tourné en plateau pour qu'il soit considéré comme oeuvre et donc comptabilisé dans les quotas de production. Les chaînes en profitent. M6 et Canal + ont réalisé en 2002 respectivement 45 % et 72 % de leurs obligations de production grâce aux magazines et divertissements, une part plus faible (15 %) sur France Télévisions et TF1. Les magazinesExclusif,Saga,Turbo,Culture pub,Coup d'humourou encoreOn a échangé nos mamanssont ainsi recensés comme oeuvres.« Les émissions de plateau, les images achetées et les spots de pub, ce n'est pas de l'oeuvre »,fustige Simone Harari. La multiplication des formats hybrides de la télé-réalité rend cette clarification encore plus urgente. D'autant que le Conseil d'État a confirmé, en juillet dernier, la classification dePopstarsen tant qu'oeuvre audiovisuelle.« Il y a une double prime à la télé-réalité »,s'alarme Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Les diffuseurs sont en effet « incités » à programmer des formats qui, non seulement peuvent être répertoriés comme des oeuvres, mais encore génèrent des recettes hors antenne, dans la mesure où celles-ci ne supportent aucune taxation particulière.

Étendre le crédit d'impôt

Les producteurs entendent donc agir pour mieux financer la diversité de la création.« Dans la fiction, notamment, on a la sensation d'une répétition à l'infini de recettes éprouvées »,souligne Christine Miller, la présidente de la SACD.« Le téléfilm récurrent ou unitaire est appauvrissant, le prime time est un mode réducteur,reprend Simone Harari.Si l'on remet en question la qualification de certaines émissions de plateau et d'achats d'images, cela incitera les diffuseurs à faire des efforts sur les autres genres et à ouvrir de nouvelles cases pour faire émerger de nouveaux talents »,espère-t-elle. Les producteurs demandent aussi que le crédit d'impôt, adopté à l'automne pour le cinéma, soit étendu dès 2005 à la production audiovisuelle. Cela permettrait de rapatrier en France de nombreux tournages, délocalisés pour des raisons de coût.« Ce serait aussi une façon de répondre aux problèmes des intermittents du spectacle,fait valoir Pascal Rogard.Les collectivités locales doivent aussi être encouragées à soutenir la création en régions. »Bref, les professionnels pourraient reprendre mot pour mot l'engagement de Jean-Jacques Aillagon, le 15 septembre dernier sur LCI, pour un dispositif de soutien qui traduise« un véritable point de vue d'un créateur, d'un artiste ».

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