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Presse

La photo donne la fièvre aux éditeurs

17/06/2004

La photo est redevenue tendance grâce à l'explosion du numérique. Le secteur compte pléthore de magazines.

Mcomme Magnum et M comme magazine. L'agence de photos Magnum a fait court pour trouver un titre à ce bel objet pour obsédés visuels : un trimestriel de 72pages, sans publicité pour l'instant, vendu 14 euros dans un sac en plastique noir opaque. À l'intérieur, peu de texte, mais une confrontation de photographes et d'images à destination des publicitaires ou des directeurs artistiques. L'agence, créée en 1947, monte ainsi en marche dans la fusée du numérique, qui est en train de propulser la photo sur une autre planète. Depuis deux ans, le marché a doublé chaque année en volume (2,6 millions d'appareils compacts vendus en 2003), et il progresse encore de 50 à 60 % en valeur.

À l'arrivée, on assiste à une explosion de titres photo :Digital photo magazine, lancé en septembre 2003 avec en cadeau un CD de retouche,Reflex numérique,Jet d'encre magazine,Pictures Net Gateou encorePhoto fanetLe Magazine de la photo, qui comptent sur les photographes amateurs pour diminuer leurs coûts rédactionnels et trouver des lecteurs. Sans oublier les derniers-nés,Objectif photos,Photo nouvelles,Photo numériqueetImages magazine. Les appareils numériques suscitent en effet une grosse demande d'information, due à un renouvellement très rapide du matériel.« Mais c'est la forte croissance des investissements publicitaires qui a favorisé l'émergence de ces nouveaux titres »,estime Guy Bourreau, directeur du marketing de Canon, numéro deux du marché avec 18 %, derrière Nikon (20 %) et devant Sony (15 %).

La manne des annonceurs n'explique pas à elle seule cette fièvre éditoriale.Chasseur d'images, leader du marché avec 72 415 exemplaires, souhaitait se diversifier avecPhoto fan. Tout commeImages magazine, qui s'appuie sur un petit groupe de titres professionnels, notammentLe Monde de l'imagedestiné aux revendeurs photo.« Notre contenu est résolument culturel, et nous n'avons pas de véritable concurrent »,estime Philippe Heullant, le PDG, qui engrange deux fois plus de publicités que prévu. Le style des articles a beau être un peu lourd et pédagogique, l'équipe, constituée d'anciens dePhotographies magazine, disparu en 1997, connaît bien son sujet. Depuis le début de l'année,Le Monde 2, devenu hebdomadaire, exploite également avec beaucoup de talent ce filon photo.

Un marché qui se cherche

Que font les autres éditeurs dans ce domaine, et surtout les grands groupes ? Emap, qui a lancéRéponses Photosur les cendres deZoom, né en 1970 et arrêté en 1991, semble se contenter de son tandem avec le magazine professionnelLe Photographe. Et Hachette Filipacchi Médias (HFM) doit avoir d'autres chats à fouetter. Son mensuelPhotomérite pourtant mieux que ses couvertures, irrémédiablement vouées aux nus féminins, alors que le nu n'est qu'un des grands thèmes de la photo, comme le portrait ou le paysage. HFM, qui détient aussi les agences photo Gamma et Rapho, subirait-il la pression des ventes en kiosques ou de sa régie, Interdeco ?« Pas du tout, le nu est la marque de fabrique dePhoto, tout comme le photojournalisme »,répond le directeur de la rédaction, Éric Colmet Daage.

Entre le photojournalisme, qui capte l'actualité culotte baissée, et la photo plasticienne, qui confine à l'exercice zen, on sent bien que la photo se cherche. Le marché de l'art, lui, tente de trouver de nouveaux débouchés. En tout cas, la photo connaît un regain d'intérêt. On ne compte plus les galeries ou les festivals qui surfent sur le succès du salon Paris Photo, créé en 1997, dont le compteur affichait 42 000entrées l'an dernier. Tout entier consacré à la photo et aux images, le musée du Jeu de paume, inauguré le 23 juin, offrira une vitrine exceptionnelle à la photographie. Les deux hommes choisis pour en assurer la direction, Alain-Dominique Perrin, le sorcier de Cartier, et Régis Durand, du Centre national de la photographie, ont fait leurs preuves au Printemps de Cahors, ce qui nous promet paillettes etÉblouissement, titre de leur première expo.

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