Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

magazines

Le Choc des photos, le poids des maux

01/07/2004

Choc, le premier quinzomadaire d'Hachette, est sorti en kiosques à 700 000 exemplaires. Le premier pas d'un titre français sur le terrain des tabloïds anglais.

Michèle Alliot-Marie mordue par un chien policier, David Beckham en train de se gratter les parties, le massacre de dauphins dans une mer de sang... Ce n'est pas le sommaire duSunou duDaily Mirrormais quelques-uns des clichés deChoc, le premier quinzomadaire d'Hachette Filipacchi Médias, sorti en kiosques le 16 juin dernier à 700 000exemplaires. Des photos trash, souvent vulgaires, parfois même franchement limite, comme cette série montrant l'agonie d'un bébé chinois dans un caniveau. Voyeurisme ? Pas seulement. Car le photographe, et donc le lecteur, devient complice. Le magazineChocest allé chercher très loin les photos qui l'assimilent à la presse anglaise de caniveau, la fameuse « gutter press ». Histoire de marquer sa filiation ? Le titre a même répliqué auSunen projetant le drapeau tricolore sur le parlement britannique (lireStratégiesn°1332).

« C'est un magazine du premier degré,explique Marie-Claude Sicard, experte en stratégies de marques, enseignante au Celsa et auteur d'une étude sur la presse people (lire l'encadré).Il est fait pour des gens qui aiment les images coups de poing... sans contrepoint rédactionnel. On n'est pas vraiment dans la presse people : les gens n'y sont ni sublimés, ni photographiés en situation banale, ni traités au second degré.Choc, c'est plutôt du sous-Paris Match, avec une fascination pour l'horrible et des people abordés sur le registre de l'humiliation. »

Pas étonnant, dès lors, qu'Hachette n'ait pas cherché à faire mousser son lancement auprès des journalistes. Le contraste est saisissant entre le silence radio du groupe vis-à-vis de la presse et le battage médiatique qu'il orchestre auprès du grand public. Pas moins de 5 millions d'euros ont été engagés en publicité dès le 16 juin, dont la moitié dans les écrans de TF1 et M6, le reste allant à l'affichage, aux radios et à la presse écrite. La régie d'Hachette, Interdeco, ne fait pas non plus le moindre commentaire. Elle commercialise pourtantChoc, dont elle garantit au marché 300 000exemplaires vendus.

La caution d'Entrevue

Le concepteur et porteur du projet, l'éditeur Gérard Ponson (à qui on doit déjà les magazines Entrevue etMaximal), a testé plusieurs fois le concept en hors-série d'Entrevue: les 200 000 exemplaires vendus 4,50 euros ont convaincu Hachette d'aller plus loin. Le nouveau magazine masculin de 116pages, ciblant les moins de 35ans, s'affiche désormais à 2,50 euros. Le cocktail sera-t-il payant ? Tout dépend de la perception par les annonceurs de ce mélange hybride d'Entrevue, deNewlooket des picture magazines masculins britanniques.« Le titre n'a pas valeur d'écrin pour les marques,reconnaît Delphine Houssay, directrice de ZenithOptimedia Presse.Mais il offre une formule puissante et apporte la précieuse caution d'Entrevue. Il peut y avoir un coup à jouer cet été pour les annonceurs. »Marie-Claude Sicard note queChocn'a pas d'équivalent médias en France. Il faut aller chercher leJerry Springer Showou la sérieJackass(MTV) pour retrouver le même esprit potache.« L'émissionÇa va se savoir, sur RTL9, est peut-être ce qui se fait de plus proche à la télévision française. Mais elle s'adresse surtout aux amateurs de films gore. »

Il y avait déjà pour euxFear Factorsur TF1, il faudra maintenant compter avecChoc. C'est aussi la fin d'une exception française : la non-utilisation des hommes politiques dans la presse à scandale. L'essai est encore timide, mais significatif.« Dès l'instant que les politiques jouent le jeu du marketing politique et de la starisation, il n'y aucune raison qu'ils soient à l'abri »,estime Marie-Claude Sicard.

Envoyer par mail un article

Le Choc des photos, le poids des maux

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.