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Médias en otages

09/09/2004

Informer, mais sans mettre en péril la vie des deux otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot : les médias français doivent naviguer entre ces deux impératifs.

Les otages français ou les otages russes ? Au moins jusqu'au bain de sang en Ossétie du Nord, les médias hexagonaux ont privilégié la solidarité avec leurs compatriotes et confrères.Le Nouvel Observateur,Le FigaroetLe Figaro magazineont fait leur une sur les deux journalistes français enlevés en Irak.Le Nouvel Obsa été plus loin, en retraçant l'historique des tractations entre les services secrets français et la mouvance islamique. On y apprend que les hommes qui ont enlevé Christian Chesnot et Georges Malbrunot viennent du groupe qui, il y a un an, a envoyé un missile sur un avion de DHL (une cassette de l'attentat avait alors été remise auNouvel Obset des images publiées dansParis Match).

À l'origine de ces révélations, un certain Mohammed, qui a communiqué depuis Bagdad ses informations à Sara Daniel, restée à Paris.« C'est son "fixeur", son informateur,explique Laurent Joffrin, directeur de la rédaction duNouvel Obs.Mais il y a des choses que nous avons tues, car nous étions, à un moment, le seul canal de discussions des autorités françaises avec les ravisseurs. »

Consignes de sécurité renforcées

Didier Pillet, rédacteur en chef d'Ouest France, disposait lui aussi de certaines informations publiées par son confrère parisien.« Mais notre hantise est de dire quoi que ce soit qui puisse gêner les démarches entreprises pour leur libération »,explique-t-il. À la différence duFigaro, avec lequel il partageait le même correspondant, Georges Malbrunot,Ouest Francen'a pas dépêché d'envoyé spécial.« Nous voulons y voir clair et attendons le retour de Georges »,souligne Didier Pillet. De son côté, Jean de Belot, le directeur de la rédaction duFigaro, a envoyé sur place Adrien Jaulmes, qui couvre parallèlement la région pour RTL à la place de Georges Malbrunot.« Il ne fallait pas donner le signal que notre couverture de presse s'arrêtait,déclare-t-il,sachant que c'est sans doute un des objectifs des terroristes. »

Pour remplacer Christian Chesnot, RFI et Radio France ont fait appel à des pigistes : Roger Hauque et Nicolas Hénin. Une façon d'éviter de faire courir des risques à leur rédaction ?« Non,répond Pierre Ganz, rédacteur en chef à RFI,il ne fallait pas afficher RFI pour la deuxième fois. Christian Chesnot était là pour l'été. Mais, depuis janvier, nous avons envoyé des reporters en Irak toutes les trois ou quatre semaines. »Le directeur de France Inter, Gilles Schneider, estime qu'un« envoyé spécial doit être porté par l'actualité. Or, ce n'est pas le meilleur moment d'aller à Bagdad, où il doit rester enfermé chez lui ». Les consignes de sécurité des rédactions sont en effet draconniennes. À France 2, l'équipe a ainsi interdiction de sortir de Bagdad.

Fallait-il montrer la cassette où les deux otages appellent à manifester pour l'abrogation de la loi sur la laïcité ? C'était, semble-t-il, un souhait des ravisseurs. Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, dont les journaux sont retransmis par TV5, s'y est refusée.« Nous ne diffusons jamais d'images de gens parlant sous la contrainte »,souligne-t-elle. Certaines radios l'ont néanmoins retransmise. Michel Polacco, directeur de France Info, a le sentiment que les terroristes« savent très bien ce dont on parle sur les antennes françaises ». Il assume donc avoir obéi sans barguigner à une consigne de Matignon :« J'ai demandé à mes équipes de ne pas surdimensionner le problème du voile pour la rentrée scolaire. »

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