
07/10/2004 - L'arrivée au Figaro du tandem Francis Morel-Nicolas Beytout en remplacement d'Yves de Chaisemartin et de Michel Sénamaud, met définitivement fin à l'ère Hersant.
Je veux un homme, un titre, une fonction et une compétence »,a expliqué en substance Nicolas Beytout, le nouveau directeur de la rédaction duFigaro, à ses équipes. Lundi 4 octobre, le nouveau directeur général Francis Morel et l'ancien directeur de la rédaction desÉchosavaient en effet réuni autour d'eux, dans une chaleur étouffante, les journalistes du quotidien mais aussi ceux de ses supplémentsLe Figaro magazineetLe Figaro madame.
Le propriétaire Serge Dassault, son élection au Sénat tout juste acquise, a définitivement, cette fois, tourné la page Hersant. L'organigramme qui commence à se mettre en place tranche sur le mode de gestion hérité du « papivore », marqué par les clans et les luttes de pouvoir.
Des pertes attendues pour le groupe en 2004
À la direction générale, Francis Morel est chargé de mettre de l'ordre dans un dédale de cent soixante-dix sociétés. Ce gestionnaire de cinquante-six ans, ancien patron des Éditions mondiales, du groupe Axel Springer France et du Syndicat de la presse magazine et d'information, pilotera notamment la publicité, c'est-à-dire la régie Publiprint, actuellement dirigée par Cyrille Duval (PDG) et Olivier Dassault (vice-président). C'est sur lui que reposeront les objectifs de rentabilité fixés et constamment rappelés par le propriétaire Serge Dassault. Selon Yves de Chaisemartin, qui s'exprimait le 29 septembre dans le cadre d'un petit déjeuner du Club de la cité,Le Figaroa dégagé 100 millions d'euros de résultats en 2000 et seulement 18 millions en 2003. Pour la nouvelle équipe, le groupeFigaroenregistrera même des pertes en 2004, ce qui laisse sceptiques plusieurs cadres de la maison.
Auréolé d'un certain succès auxÉchos, où il fut nommé rédacteur en chef en 1986, Nicolas Beytout n'a pas caché qu'il souhaitait lui aussi simplifier l'organigramme duFigaropour ne garder qu'un seul adjoint à ses côtés et créer une chaîne de responsabilités plus claire. Le successeur de Jean de Belot - lequel reste au sein du groupe, en attente de nouvelles attributions - entend bien, par ailleurs, exercer ses responsabilités au-delà duFigaro« gris », surLe Figaro magazineetLe Figaro madame. Les départs d'Yves de Chaisemartin et de Michel Sénamaud seront rapidement suivis, à n'en pas douter, de plusieurs autres.
Yves de Chaisemartin, Michel Sénamaud, Cyrille Duval et Christian Grimaldi, le grand argentier de la Socpresse, détiennent toujours ensemble quelque 5 % du capital du groupe de presse, ainsi que l'a révélé Stratégies. Le départ d'Yves de Chaisemartin, qui en détenait la moitié, et celui de Michel Sénamaud devraient permettre à l'avionneur de passer de 83 % aujourd'hui à plus de 85 % du capital.
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