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Quand Sarkozy séduit Time

14/10/2004

Un entretien exclusif accordé à l'hebdo américain, au moment où il se rend en visite à New York... Nicolas Sarkozy a commencé son entreprise de séduction de la presse anglo-saxonne.

La chemise à carreaux est décontractée ; l'index pointé vers son interlocuteur, beaucoup moins. Assis en face d'une tasse de café au charme tellement français, Nicolas Sarkozy pose, tout en détermination, pour l'édition européenne du prestigieux magazine américainTime,qui lui a consacré quatre pages la semaine dernière (numéro mis en vente le 4 octobre). Annoncé en une, le titre est sans équivoque : « President Sarkozy ? » Le « chapeau », à l'américaine, va droit au but :« Le populaire ministre français des Finances quitte le gouvernement pour se présenter à la tête de son parti. Mais ce n'est qu'un début. Dans une interview exclusive àTime,Nicolas Sarkozy explique pourquoi son prochain arrêt sera l'Élysée. »

Avec cette interview, qui n'a pas été diffusée dans son édition américaine,Timeest le premier titre anglo-saxon à rencontrer Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au ministère des Finances.« Après sa nomination à Bercy, les portraits parus dans la presse anglophone étaient relativement factuels, presque génériques »,remarque Bruce Crumley, le correspondant qui a réalisé l'entretien. Il y a six mois, jugeant le personnage politique« irrésistible »,il engage des pourparlers pour rencontrer le futur président de l'UMP. On ne lui oppose pas de refus. Mais rien ne vient.« Nicolas Sarkozy concentre sa communication sur les médias français : c'est là que sa carrière se joue... »,analyse le journaliste. Relances en mai, en juillet... les équipes deTimemontrent de l'entêtement. La ténacité finit par porter ses fruits : le lundi 27 septembre, à 10 heures, Bruce Crumley est convié dans les bureaux de « Sarko » avec vue sur Notre-Dame, pour une entrevue qui durera très précisément 46 minutes et 33 secondes, magnétophone numérique faisant foi...

Heureux hasard, cet entretien coïncide avec une visite de Nicolas Sarkozy, quelques jours plus tard, aux États-Unis. Le 4 octobre,Le Mondefait état de sa rencontre, à New York, avec des étudiants de Columbia pour une grande opération de séduction :« Si vous passez en France, n'hésitez pas à demander Sarkozy. Il y aura toujours quelqu'un pour vous donner mon adresse »...Le futur présidentiable, ou se voulant tel, aurait-il souhaité appuyer dans l'hebdomadaire américain ses oeillades vis-à-vis de l'oncle Sam ?« Je pense que ce sont surtout nos demandes répétées qui ont payé »,assure Bruce Crumley.

Un mystère pour les Américains

Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy a réussi son exercice de charme.« Il incarne une nouvelle génération d'hommes politiques jeunes, à la Tony Blair, qui sont prêts à retrousser leurs manches et à agir. Des hommes politiques presque à l'américaine »,s'enthousiasme Bruce Crumley. Pour le journaliste américain, le ministre des Finances représente, de plus,« une alternative à Chirac, qui ne s'est pas forcément rendu populaire en Amérique avec ses positions sur l'Irak ».Quid des trahisons successives vis-à-vis du président français ?« Pour les Américains, le fait que plusieurs personnes du même bord se présentent aux élections reste un mystère,explique Bruce Crumley.Ils se perdent dans tous ces candidats. Mais, à la limite, si trahisons il y a, les Américains vont trouver cela presque normal... »

Depuis la parution de l'article, Bruce Crumley a reçu de nombreux appels de collègues, curieux de savoir dans quelles conditions il a décroché l'entretien. Nicolas Sarkozy, qui n'a plus, en France, à démontrer son sens consommé des médias, a manifestement réussi à intéresser de l'autre côté de l'Atlantique.« Ce qui est le plus passionnant à mon sens, c'est la relation Chirac/Sarkozy,ajoute Bruce Crumley.Deux hommes aux rapports presque filiaux dont les destins sont inexorablement liés, alors qu'ils sont à couteaux tirés. C'est une tragédie grecque... »Disons plutôt cornélienne.

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