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presse

L'information locale en plein renouveau

21/10/2004

Le dynamisme de la presse périodique locale tranche sur les difficultés des quotidiens. Une génération de nouveaux éditeurs s'engouffre dans la brèche.

Je me fais plaisir. »Ancien duCourrier cauchois,de La Presse havraise et deL'Union de Reims,Roger Anglument est passé de l'autre côté de la barrière. Il gère désormais son propre groupe de presse périodique locale. En 2000, il a englouti ses économies et ses indemnités de départ du groupe France-Antilles dans une belle maison poitevine et deux petits hebdomadaires,Le ConfolentaisetL'Avenir du Ruffecois,nichés au nord de la Charente. L'homme s'emploie depuis à réveiller ces deux titres qui sommeillaient depuis toujours dans le giron d'une famille d'imprimeurs. En évitant de piétiner les plates-bandes des puissants quotidiens départementaux ou régionaux solidement installés, commeLa Charente libre.

Intérêt des annonceurs locaux

Rapidement, les zones de diffusion de ses deux journaux se sont étendues sur quelques cantons supplémentaires, les maquettes ont été refondues, le contenu amélioré, un ou deux journalistes par titre ont été embauchés là où un seul suffisait jusqu'ici pour deux supports, un réseau de dix correspondants réguliers a été mis en place, des présentoirs achetés. Les résultats ont suivi : en quatre ans, les huit pages sont devenues seize et il y en aura vingt l'an prochain. Dans le même temps, les ventes cumulées des deux titres ont bondi de 4 400 à 6 500 exemplaires. Et les annonceurs affluent : grandes surfaces locales, magasins, concessionnaires automobiles, entreprises du bâtiment. Le chiffre d'affaires publicitaire atteint aujourd'hui 40 à 45 % du total contre 20 % il y a quatre ans. De quoi aiguiser les appétits de notre magnat charentais, qui a en cours de route acheté un troisième hebdomadaire,La Concorde,au sud de Poitiers, et le thématique localInfo éco.Son groupe réalise un chiffre d'affaires d'un million d'euros, contre... 30 000 euros en 2000. L'homme ne souhaite pas divulguer ses résultats. Mais« c'est une activité rentable,affirme-t-il.À condition de mutualiser plusieurs titres pour réaliser des économies de coûts et de fabrication. »

Roger Anglument n'est pas seul à avoir tenté l'aventure. ÀL'Écho du Berry(10 975 exemplaires de diffusion payée en France en 2003-2004), le nouveau propriétaire, Daniel Juillard, a fait croître les ventes de 10 % depuis son arrivée en 2001.La Voix du Jura(11 903 ex.) à Lons-le-Saunier, présidée par Raphaël Motte et dirigée par Matthieu Cazenave, vient de lancer un hebdomadaire dans le Haut-Doubs. Dynamiques aussi, Benoît Leclerc, l'éditeur deLa Manche libre(70 242 ex.), ouLa Gazette de Montpellier(19 823 ex.). Certains de ces arbrisseaux feraient même un peu d'ombre aux quotidiens locaux.

Alors que les poids lourds de la presse quotidienne nationale, régionale et départementale perdent régulièrement du terrain, les hebdomadaires et magazines régionaux sont en pleine croissance. Selon une étude de KPMG, la hausse du chiffre d'affaires des hebdos régionaux a atteint près de 10 % entre 2000 et 2003. À leur tête, une nouvelle génération d'éditeurs se taille sans états d'âme une part croissante du gâteau, rachetant, modernisant ou créant de toutes pièces.« Depuis 1995, 40 à 50 hebdomadaires locaux ont vu le jour,calcule Hervé Guéneron, le directeur du Syndicat de la presse hebdomadaire régionale.Et six ou sept projets sont en route pour le printemps prochain. »Pour lui, l'équation est simple :« Ces titres offrent en une seule fois un panorama complet et approfondi de l'actualité d'une zone pour environ un euro. Un quotidien donne cette actualité en six fois pour environ quatre fois plus cher. »

Nouveaux espaces

Les hebdos locaux ne sont pas les seuls à venir grappiller des lecteurs dans les replis de la France profonde. Des mensuels, bimestriels ou trimestriels se développent à toute vitesse. Lancé en septembre 2004,Le Mensuel du Golfe du Morbihanpropose 10 000 exemplaires d'un magazine de 54 pages vendu 3 euros. Conçu par l'ancien éditorialiste deSud-OuestJoël Aubert,Aqui !se veut, depuis son lancement fin août 2004, le premier magazine des plaisirs duSud-Ouest.Le bimensuelTam-Tam angevin,est, lui, sorti des limbes fin septembre. Les initiatives fleurissent dans toute la France.

À tel point que l'éditeur duNouvel Ouest(20 000 exemplaires) à Nantes, Hervé Louboutin, ancien rédacteur en chef dePresse Océanà Nantes, a mis sur pied l'an dernier la Fédération de la presse magazine régionale. Elle réunit aujourd'hui vingt et un titres qui ne sont« ni quotidiens, ni hebdomadaires, ni professionnels ».DeTerroir magazineà Metz (diffusé à 75 000 exemplaires, selon l'éditeur) àObjectif Aquitaineà Bordeaux (10 000 à 12 000 ex., selon l'éditeur) en passant parCorsica, Normandie magouLimousin magazine,il en existerait une cinquantaine à ce jour en France, diffusant au total chaque mois quelque 300 000 exemplaires. Alors que les groupes de presse éditent tout de même quatre hebdomadaires locaux sur dix, les magazines régionaux demeurent en quasi-totalité aux mains de particuliers, qui y ont souvent mis de leur poche.« Le plus ancien de ces titres a dix ans,précise Hervé Louboutin.Cette presse répond à une demande de CSP+, de chefs d'entreprise et de décideurs, sensibles à la notion de région administrative. »Pour Hervé Louboutin, on assiste au début d'un phénomène.« Le nombre de ces titres va exploser,s'enthousiasme-t-il.Demain, nous pourrons faire de la presse de territoire, de la presse sportive, de la presse senior. »Loin de la promiscuité parisienne, les régions ouvrent de nouveaux espaces à l'heure de l'Europe des terroirs.

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