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télévision

Pour Sky, il va y avoir du sport !

04/11/2004

Mediaset profite du déploiement du numérique terrestre pour concurrencer Sky Italia sur son terrain, le sport à péage. Le pacte de non-agression entre Murdoch et Berlusconi semble rompu.

Dans le nord de Milan, au siège de Mediaset, l'un des bras armés de Silvio Berlusconi dans l'audiovisuel, secrets d'alcôves et bruits de couloirs alimentent les conversations des salariés.« Tout le monde murmure que nous nous lançons dans une guerre contre Murdoch, seulement, on ne sait pas encore comment »,raconte un producteur. En fait de guerre, Pier Silvio Berlusconi, vice-président de Mediaset et fils du président du Conseil italien, élabore la formule « premium » de son bouquet de télévision numérique terrestre (TNT) : du football facturé au public grâce à des cartes prépayées.« Il s'agit d'une offre qui représente 78 % du marché potentiel de supporteurs en Italie. Que cela plaise ou non, le numérique terrestre sera la future plate-forme de toute la télévision »,a expliqué le patron du premier groupe de télévision transalpin.

Cartes prépayées

Celui-ci a profité du calme estival pour s'offrir, contre un chèque de 118 millions d'euros, les droits de retransmission TNT des meilleurs clubs de la série A (1), concurrençant ainsi l'offre de Sky, le seul bouquet satellitaire en Italie. Dans la pratique, à compter du 23 janvier 2005, les possesseurs de décodeurs TNT - au nombre d'un million, actuellement - pourront acquérir des cartes à 30 ou 50 euros qui seront débitées à la consommation : 2 à 3 euros par match. En Italie, où le marché de la téléphonie mobile (premier européen) s'est développé presque uniquement autour du concept de cartes prépayées, la méthode est rodée et pourrait menacer sérieusement la formule d'abonnement « Sky Calcio » de Murdoch, facturée 47 euros mensuels pour les séries A et B.

Pour Rupert Murdoch, l'heure des turbulences à l'italienne a peut-être sonné. Lorsqu'il fusionne les plates-formes satellitaires Stream et Telepiù pour créer Sky Italia en août 2003, il n'a qu'une idée en tête : investir l'Europe. Il compte alors sur son appui politique, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, pour lui faciliter la tâche.« Grâce à l'élimination du piratage et des programmes que les téléspectateurs italiens n'ont jamais vus sur une plate-forme unique, nous pouvons tabler sur une croissance immédiate »déclare-t-il alors, optimiste. Un peu trop, peut-être.

Même la RAI s'y met

Sur le front de la piraterie, phénomène ayant causé en partie la perte de Stream et de Telepiù, l'édition 2004 du rapport « SOS Impresa - Confesercenti » épingle l'inefficacité judiciaire : 6,5 millions de paraboles sont installées quand Sky ne compte que 2,7 millions d'abonnés et que 2,3 millions de cartes pirates ont été vendues en 2003... Les autorités italiennes n'en ont saisi que... 6 000. Sky Italia a choisi d'agir seule en rappelant les trois quarts des décodeurs installés chez ses clients pour les remplacer par de plus sécurisés. Coup de l'opération : 300 millions d'euros. Un coup dur alors que la filiale de News Corp accusait, en 2003, une perte de 209 millions d'euros pour 1 milliard de chiffre d'affaires.

Mais le pire reste à venir pour Sky Italia, avec l'émergence de la TNT poussée par le gouvernement Berlusconi, qui débloquera en 2005 une enveloppe de 110 millions d'euros pour subventionner les achats de décodeurs. Dans un pays qui compte autant de supporteurs de football que d'habitants, tous les groupes TV bataillent sur le sport en général, et le « calcio » en particulier. Même l'opérateur public RAI, qui ira en Bourse au printemps pour se doter de ressources financières utiles au développement de son offre TNT, autour de Rai Sport notamment (lire encadré). Dans l'expectative, Murdoch poursuit sa campagne d'Italie avec un objectif : franchir le cap symbolique des 3 millions d'abonnés en janvier, au moment où le clan Berlusconi, son nouveau concurrent, investira le terrain de la télévision numérique à péage.

(1) Juventus Turin, Milan AC, Inter Milan, Atalante, Messine, AS Rome, Livourne et Sampdoria Gênes.

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