Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

radio

« Nous pouvons encore gagner en qualité »

11/11/2004

Avant la sortie, le 15 novembre, de l'enquête 75 000+ de Médiamétrie, Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, dévoile les grands chantiers du groupe public. Une radio régionale devrait naître en Île-de-France en 2005.

Médiamétrie a révélé une baisse de 18 minutes de la durée d'écoute de la radio en dix ans. Cela vous préoccupe-t-il ?

Jean-Paul Cluzel.Cette baisse est mécanique : après une pointe au mois de septembre 2001, le volume d'audience de la radio s'est stabilisé, puis a légèrement diminué. À Radio France, nous sommes moins dépendants de la publicité que nos concurrents du privé. Ce n'est donc pas un drame pour nous. Cela dit, nous pouvons encore gagner en densité, en qualité, augmenter notre influence en délivrant une information honnête au grand public. Et nous sommes plus à même de relever ce défi que les médias dépendant de la publicité.

Quel est l'étalon de la qualité sur vos antennes ?

J.-P.C.Il n'existe rien de tel aujourd'hui. Nous allons justement lancer des études qualitatives sur France Inter et France Info afin de cerner les attentes des auditeurs en matière d'information et d'observer les croisements entre nos stations et les différents médias.

Quelle place accordez-vous aux études ?

J.-P.C.Je m'efforce de montrer à mes équipes que ce qui est important tient moins aux petites variations trimestrielles de l'audience qu'aux grandes tendances sociologiques. Il faut aussi rendre plus concret aux journalistes et aux producteurs leur auditoire. Savoir, par exemple, que nous avons peu d'auditeurs jeunes est important. Tout comme savoir si ces mêmes jeunes, qui n'écoutent pas les radios sérieuses, c'est-à-dire à fort contenu informatif, vont, approchant les trente-cinq ans, changer leur comportement d'écoute.

Concernant la City Radio, vous avez déclaré que sa grille ne pouvait pas se monter en fonction du trafic routier. Que vouliez-vous dire ?

J.-P.C.La City Radio va subir de profonds changements. L'Île-de-France mérite un traitement détaillé de son information au sein du réseau France Bleu. Il est anormal de ne pas savoir ce qui se passe dans le xxe arrondissement de Paris, à Issy-les-Moulineaux ou à Garges-lès-Gonesse. Cela me paraît plus intéressant que le trafic automobile, dont tout le monde parle par ailleurs. C'est un chantier pour 2005.

Écoutez-vous vos antennes et intervenez-vous sur le contenu ?

J.-P.C.Je dialogue avec les directeurs des chaînes sur la façon dont l'information est faite. Mais un journaliste n'a d'ordre à recevoir que de ses pairs : je ne me mêle donc pas de la ligne éditoriale. Quand j'écoute les journaux de France Inter, France Info, France Culture ou France Musiques, je me mets à la place de l'auditeur de base. Par exemple, au matin de l'élection américaine, je me dis qu'il n'a pas passé la nuit à écouter la radio et que, au-delà du décompte des grands électeurs, il ne sait pas forcément que Bush a énormément de voix d'avance sur Kerry. Ce n'est pas sur une question de politique mais de contenu des journaux. Je constate aussi qu'il y a beaucoup de faits divers par rapport à l'information économique et politique. Ou qu'un redimensionnement à la baisse d'un plan social chez Tati est plus développé sur nos antennes que la nouvelle stratégie de Sanofi-Aventis.

Vous arrive-t-il de bondir en écoutant des émissions ?

J.-P.C.Les émissions que je n'aime pas, je ne les écoute pas : ça m'évite de bondir ! Je regarde BBC World, CNN, LCI, itélé et je regarde si nous sommes cohérents. À mon sens, la microéconomie est trop traitée d'un point de vue social. On ne peut pas comprendre la mondialisation sans approche macroéconomique. L'avenir de la radio est moins dans le factuel que dans l'explicatif. Nous avons encore des progrès à faire.

Envoyer par mail un article

« Nous pouvons encore gagner en qualité »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.