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Le démocrate John Kerry élu... par les journaux

11/11/2004

La presse quotidienne américaine, favorable au candidat démocrate, essuie un camouflet avec la réélection de George W. Bush. Un remake de l'Amérique d'en haut contre celle d'en bas ?

La campagne présidentielle américaine est terminée : John Kerry sort largement vainqueur avec 20,8 millions de papiers, écrasant George W. Bush et ses 14,6 millions seulement. Bien sûr, il ne s'agit pas de voix mais du nombre d'exemplaires diffusés par les quotidiens américains supportant l'un ou l'autre des candidats. Selon le magazine américainEditor and Publisher,qui a fait précisément le décompte, Kerry était soutenu par 211 quotidiens aux États-Unis, Bush par 197. Plus de soixante titres favorables à Bush en 2000 ont, cette fois, basculé en faveur de Kerry ou sont restés neutres. Et finalement, c'est le perdant dans la presse qui emporte la course électorale.

Le poids de Fox News

La réélection de George W. Bush, après une campagne médiatique violente, entérine-t-elle définitivement la perte d'influence du média presse écrite sur les opinions des citoyens ? Pas tant que cela, assurent les connaisseurs, qui pointent d'abord du doigt le divorce entre l'Amérique profonde et l'Amérique urbaine.« Si le déséquilibre des diffusions en faveur de Kerry est aussi grand, c'est qu'il a obtenu le soutien des grands journaux et notamment ceux de la côte Ouest,explique Walter Wells, directeur de la rédaction de l'International Herald Tribune(groupe New York Times).Or, les grands journaux sont dans les grandes villes, qui ont toutes voté pour Kerry. Ce sont des gens plus éduqués, mieux informés, davantage lecteurs de journaux, qui ont soutenu Kerry. »

Ce qui a prévalu sur la côte Ouest s'est vérifié aussi côte Est : leNew York Times,leWashington Postou leBoston Globeont soutenu Kerry, et sont bien en phase avec leur lectorat, car dans les villes de New York, Boston et Washington, les électeurs ont voté en masse en faveur de Kerry. Ils n'ont d'ailleurs sans doute pas eu à convaincre un lectorat qui compte moins sur la presse pour se faire une opinion que pour la conforter. Seulement voilà, les grandes villes ne font pas une élection et un si démonstratif soutien n'a jamais été une garantie totale de succès. Dans l'Amérique profonde, dans les villes petites ou moyennes, finalement favorables à Bush, les journaux n'ont pas caché leur soutien au président en exercice.

Au final, l'influence dont se prévalaient les journaux ne s'est-elle pas juste déplacée sur un autre média ?« La presse n'a plus le même pouvoir qu'il y a cinquante ans,concède Walter Wells.La télévision a désormais beaucoup plus d'influence. Le phénomène n'est pas nouveau, mais la tendance s'accélère. »Le poids de la chaîne câblée Fox News, favorable à Bush, sur l'opinion américaine mais aussi sur l'ensemble du paysage médiatique a été déterminant. Et la publicité, pas plus que les quotidiens, n'a su renverser la vapeur : 13,1 millions de dollars ont été investis en faveur de Kerry, 11,2 millions seulement pour Bush, note Campaign Media Analysis Group, une division de TNS Media Intelligence/CMR aux États-Unis, en partenariat avec CNN.

En France, où les règles du jeu sont différentes, la presse écrite prend de moins en moins souvent officiellement position en faveur d'un candidat ou d'un parti. Sauf, bien sûr, quand un Jean-Marie Le Pen arrive au deuxième tour de la présidentielle...

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