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La parole est au quidam

02/12/2004

Les médias affectionnent les interviews réalisées par des « vraies gens ». Argument marketing ou valeur ajoutée pour l'information ?

Pour marquer son départ du gouvernement et son sacre annoncé à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy a privilégié, la semaine dernière, deux médias : TF1 etLe Parisien. Si la première chaîne a choisi de relancer l'émissionFace à la une, en relayant des questions posées par les internautes sur tf1.fr,Le Parisiena confronté l'ancien ministre du Budget à huit anonymes, sur le principe des panels de lecteurs inaugurés en 1995.

Faire appel à des quidams pour passer des célébrités à la question, le concept fait florès. On se souvient d'un débat télévisé sur le traité de Maastricht avec François Mitterrand et Philippe Seguin, qui faisait appel aux questions du public. Depuis la rentrée, les exemples se bousculent. Le magazineStudio, lors de son changement de formule il y a un mois, a lancé la rubrique Séance publique, où des personnalités du cinéma rencontrent de jeunes intervieweurs choisis parmi les lecteurs et les stagiaires du magazine.« Cela casse la monotonie de l'interview promotionnelle »,explique Michel Rebichon, rédacteur en chef deStudio. DansD'un monde à l'autre,le samedi sur France 5, Paul Amar s'entoure de jeunes pour interroger ses invités sur leur vocation et leurs idéaux. Sur un format similaire (pure coïncidence, selon l'intéressée), Anne Sinclair anime le dimanche sur France InterLibre Cours, où une personnalité s'exprime face à des étudiants.« Après avoir réalisé des tonnes d'interviews, j'avais envie d'autre chose,confie Anne Sinclair.Cela m'intéressait de confronter un parcours avec les désirs et les frustrations des jeunes générations. Quand Jamel Debbouze rencontre des apprentis comédiens ou des représentants d'associations de banlieue, il apparaît comme un personnage plus complexe. »

Que le recours à des lecteurs ou des auditeurs renouvelle le genre de l'interview, on peut le comprendre. Mais le résultat est-il plus riche en informations pour autant ?« Pour les interviews politiques, je suis réservée,reconnaît Anne Sinclair.Les journalistes sont là pour poser des questions pointues. »AuParisien, le panel de lecteurs, organisé avec le service communication et marketing, peut sembler un gadget au service du positionnement du quotidien.« Nous sommes le journal de la proximité,rappelle Jacques Espérandieu, directeur adjoint de la rédaction.Nous offrons le maximum de services à nos lecteurs et nous les associons au contenu, à travers la rubrique quotidienne Voix express. »

Des questions que les journalistes n'osent plus poser

Pour autant, la rédaction se défend d'un artifice marketing ou démagogique. Les lecteurs-intervieweurs choisissent eux-mêmes leurs questions. Ils rencontrent simplement les responsables de la rubrique deux heures avant le rendez-vous pour déterminer l'ordre des interventions. Pour Anne Sinclair, un recadrage journalistique est cependant nécessaire :« Je choisis les questions, je les mélange avec mes propres interrogations. Il ne faut pas tout livrer brut. »Même observation pour Michel Rebichon :« Il faut encadrer les débutants, les aider quand il y a des blancs. Mais leur timidité apporte aussi de la fraîcheur. Ils osent des questions qu'un journaliste expérimenté ne poserait plus. »« Ils peuvent être assez directs,renchérit Jacques Espérandieu,comme lorsque l'un des interlocuteurs de Nicolas Sarkozy lui a demandé son salaire. »Les interviewés ne s'y trompent pas : d'aprèsLe Parisien, les hommes politiques se bousculent pour être soumis au panel.

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