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Télévision

« Oui aux caméras dans les tribunaux »

09/12/2004

La chaîne Histoire diffusera début 2005 des extraits du procès Papon. Antoine Garapon, magistrat et secrétaire général de l'Institut des hautes études sur la justice, est favorable aux caméras dans les tribunaux.

Vous avez été entendu par la commission chargée de la question des caméras dans les tribunaux, qui rendra son rapport en février 2005. Quelle est la position de la France ?

Antoine Garapon.C'est une position rigoureuse : il est interdit de filmer les procès. Mais il existe des exceptions. Les procès Barbie et Touvier ont été diffusés en 2000 et 2002, pour leur intérêt historique et surtout pédagogique. Comme va l'être le procès Papon. Il existe aussi divers documentaires, comme ceux de Daniel Karlin et Tony Lainé (Justice en France,1991), Raymond Depardon (Délits flagrants,1994, etDixième Chambre,2004) et Joëlle et Michèle Loncol (L'Appel aux assises,2004). Tout cela constitue un corpus intéressant.

Les procès diffusés l'ont été « à froid », parfois longtemps après le verdict. Verra-t-on un jour les procès en direct ?

A.G.C'est une hypothèse que l'on peut exclure en France. Ce sur quoi réfléchissent le plus de gens actuellement est la captation d'images de procès et leur diffusion après les verdicts, assortie d'un grand nombre de garanties, comme celle du consentement de l'intéressé.

Vous défendez l'introduction des caméras dans les prétoires. Pourquoi ?

A.G.Quand Gutenberg invente l'imprimerie, cela ne fait aucun sens de s'y opposer sous prétexte que la Bible va se retrouver entre toutes les mains. C'est la même chose avec l'image, qui fait aujourd'hui partie intégrante de nos sociétés. Prôner une justice sans images, c'est faire preuve de paresse intellectuelle et se priver d'un instrument qui peut être très positif pour la démocratie. En revanche, la diffusion de ces images ne doit pas contrevenir aux valeurs de la justice et on ne peut pas en laisser l'entière responsabilité à l'éthique personnelle de ceux qui les ont tournées et montées. Il faut se donner les moyens de contrôler judiciairement et publiquement la diffusion. Or, la plupart des réalisateurs n'y sont pas prêts. Le problème est donc double : d'un côté, la pénétration de l'image dans la justice, mais aussi, de l'autre, la pénétration de la justice dans l'image.

Avec le risque de bouleverser le regard porté sur les institutions ?

A.G.Je fais le pari que les sociétés démocratiques vont progressivement passer à une autorité basée sur la discussion publique, une plus grande conscience de la complexité et une nouvelle image plus télévisuelle. Nous sommes en train de vivre une révolution symbolique et anthropologique majeure. Et l'image participe de cette révolution.

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