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quotidiens

Le Progrès taille dans ses effectifs

13/01/2005

Cinquante journalistes, non remplacés, vont quitter le quotidien lyonnais dans le cadre de la clause de cession ouverte à la Socpresse. Un plan social déguisé ?

Le climat n'est guère favorable auProgrès.J'ai assez roulé ma bosse, je pars avec le parachute social réservé aux plus de 56 ans »,commente ce bénéficiaire de la clause de cession, ouverte après le rachat de la Socpresse par Dassault. Des propos mesurés. D'autres sont plus aigris :« On en a marre de cette logique qui veut faire des journalistes des petits soldats ! »Une rubricarde confie, désabusée :« Les chefs de rubrique sont accusés de vouloir prendre le pouvoir parce qu'ils ont un carnet d'adresses, mais c'est la moindre des choses pour faire notre métier ! »Les rubricards sont donc priés de tourner dans les services ou d'aller voir ailleurs, tandis que les plus de 55ans ont été fortement incités à quitter le journal. Et pas question de remplacer les partants, à l'inverse de la situation duDauphiné libéré, autre quotidien du groupe, où une vingtaine de journalistes sont recrutés pour une cinquantaine de départs.« Au-delà des déclarations à l'emporte-pièce de Dassault, nous n'avons pas entendu un seul de ses représentants au journal. Mais la perspective de reprise en main est inquiétante. »

De fait, le droit à la clause de cession s'apparente à un véritable plan social. Pour Christian Coustal, PDG duProgrès, il y a sureffectif. L'objectif : passer de 315 journalistes à 250 environ. Résultat, en ce début d'année, 52journalistes ont décidé de quitterLe Progrèspar départs échelonnés en 2005, y compris le directeur de la rédaction, Jean-Paul Lardy, en septembre prochain.« C'est une bonne partie de la mémoire du journal qui s'en va,commentent ceux qui restent, prudents sur les hypothèses pour l'avenir.L'actuel PDG peut être confirmé, débarqué ou placardisé au profit d'un homme du groupe Dassault, avec une solution journalistique externe. »Dassault peut aussi vendre son canard boiteux à des candidats potentiels (Édipresse, Rizzoli, Hachette, France Antilles) ou à des pôles d'investisseurs lyonnais - à l'instar du « business angel » Roger Caille, qui a fait fortune dans le transport, ou de Bruno Rousset, PDG du groupe d'assurances April.

Comptes dans le rouge

Depuis sa modernisation, en juin 2004,Le Progrèssemble s'enfoncer dans la crise. Il a multiplié non-parutions et retards dus aux problèmes d'impression ou à des grèves, dont deux jours fin décembre. La nouvelle maquette, la mauvaise qualité d'impression et le nombre d'éditions réduites ont aussi désorienté le lectorat du quotidien. Et l'année 2005 a mal commencé avec, le 1er janvier, une surcouverture, confiée à une école de design, d'une étonnante laideur. Pour 2004, les comptes sont au rouge, avec une baisse des ventes de 10 % sur Lyon (diffusion France payée : 246 892 exemplaires en 2003-2004) et un chiffre d'affaires en recul de 15 % environ, qui devrait à peine dépasser les 110 millions d'euros pour une perte d'exploitation de 14 millions d'euros. Sans compter les 10 millions d'euros provisionnés pour les départs.

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