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Et la tendresse, bordel !

20/01/2005

À New York, les « cuddles parties », séances de câlins en groupe, font des émules. Une soif de tendresse que l'on retrouve ce mois-ci à la une de plusieurs magazines féminins, dont Cosmopolitan.

Le sexe, je m'en fous, je veux des bisous ». C'est le scoop du moment et c'est à la une deCosmopolitan. Et si ce magazine de filles, qui nous a habitués par le passé à des sujets bien plus sulfureux le dit, c'est que l'info doit être sérieuse... On vous voit déjà ricaner, les « zhommes » qui vous la jouez virile, dans le style : « Les câlins les meilleurs sont les plus courts, on ne va pas y passer la nuit, non plus ». Vous avez tort (une fois de plus !). L'heure est à la tendresse, à la quête d'harmonie. À New York, cela va même très loin, avec les fameuses « cuddles parties » (« parties de câlins »), auxquelles une journaliste deCosmopolitan, Laurence Janin-Schlemmer, a consacré son reportage sur le retour des bisous.

Cela se passe à Soho, dans un studio de yoga : Reid Mihalko, un ancien acteur de séries TV reconverti dans le coaching sentimental, a fait mouche en inventant ces rencontres. Pour 30 dollars, des gens qui ne se connaissent pas, vêtus d'un pyjama (tenue exigée) se prennent dans les bras et se laissent dorloter pendant quatre heures sans sexe à l'horizon.« Les participants s'y engagent par écrit avant le début de la séance,raconte la journaliste, qui a tenté l'expérience.Je déteste les effusions, mais j'avoue que c'était très gratifiant de donner de la tendresse à des gens qui manifestement en manquaient. »Reid Mihalko commence toujours une séance en rappelant les règles : demander la permission à celui que l'on souhaite câliner, savoir dire non, accepter un refus... et quitter la salle en cas de dérapage.« Le coach rassure les hommes sur les risques d'érection. Une façon de dire que le sexe, c'est normal,poursuit Laurence Janin-Schlemmer.Un rappel qui est loin d'être inutile dans cette société américaine sexuellement bridée par l'ère Bush. »

La presse s'est emparée du sujet dans son aspect psychosociologique : la « cuddle party » en dirait long sur la solitude des New-Yorkais et l'état de santé affectif des Américains. Après New York, une salle a ouvert à Washington et une autre va voir le jour à Los Angeles (cuddleparty.com). En France, on imagine mal que le concept fasse des émules...

Une trève dans la guerre des sexes

Pourquoi avoir monté ce sujet en une deCosmoavec un titre finalement assez éloigné du reportage ?« Ce sujet correspond au nouveau positionnement deCosmopolitanet confirme mon intuition que les femmes en ont assez qu'on leur parle de performance sexuelle »,explique Sylvie Overnoy, rédactrice en chef depuis début 2003. Son prédécesseur, Simon Liberati, arrivé en 2002, avait pris le parti de sujets plus « chauds ». Sans succès : la diffusion payée du magazine est restée étale entre 2001 et 2002, à moins de 205 000 exemplaires. Depuis le changement de cap, les ventes deCosmoont grimpé à 254 934 exemplaires payés en 2003 et 284 505 en 2004 selon Diffusion Contrôle.

Le magazine du groupe Marie Claire n'est pas le seul à jouer cette carte.Bibalui aussi, ce mois-ci, consacre un dossier au « sexe sans stress, pour être tout simplement bien au lit avec lui ». Explication de Constance Legrand, rédactrice en chef adjointe :« Les femmes recherchent la douceur. L'affrontement avec les hommes est dépassé. »Même état d'esprit chezQuestions de femmes, avec « Le sexe fait-il le couple ? ».« Nous en avons assez du discours tout-sexuel,insiste Fabienne Azire, rédactrice en chef.Oui, le sexe est fondamental. Mais pas suffisant. »Compris, messieurs ?

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