
03/02/2005 - Les rédactions françaises avaient le choix entre trois options au moment des élections irakiennes : ne pas y être présent, y aller... ou faire appel à un journaliste indépendant.
Faut-il envoyer des journalistes en Irak ? La question a représenté un véritable cas de conscience pour les rédactions au moment des élections en Irak, le 30 janvier, alors queLibérationdéplore toujours la disparition de son reporter Florence Aubenas. SiLe Figaro,Le Mondeet Europe1 ont choisi de couvrir l'élection en dépêchant un journaliste à Bagdad (respectivement Michel Bôle-Richard, Renaud Girard et Frédéric Helbert), l'audiovisuel public a fait le choix de ne pas être présent.« Nous n'allons pas envoyer quelqu'un au casse-pipe pour couvrir un bureau de vote, alors que nous savons qu'il faut en couvrir plusieurs pour être efficace,estime Jean-Paul Cluzel, président de Radio France.Et si c'est pour être " embarqué ", cela pose de graves problèmes de déontologie. »
Pas de mutualisation possible
Le président de France Télévisions, Marc Tessier, a de son côté interdit à ses journalistes de se rendre en Irak, suivant en cela les recommandations du chef de l'État, pour qui« exposer la vie des gens, ce n'est pas raisonnable ». La Société des journalistes de France 2 a répliqué à Marc Tessier, par l'intermédiaire de l'AFP, que« son refus d'envoyer des équipes en Irak s'apparente davantage au choix d'un gestionnaire d'entreprise soucieux du risque zéro qu'à une décision de patron de presse ».
De leur côté, TF1, LCI et RMC ont fait appel au journaliste indépendant Roger Auque, tandis que RTL a renoncé à tout correspondant, fût-il pigiste.« Nous ne voulons pas être cyniques »,observe Jacques Esnous, le patron de l'information de la station. Quant àLibération, il a dépêché Christophe Boltanski au Kurdistan irakien et a recours à Amar Karim, l'envoyé spécial à Bagdad de l'AFP. Reste à savoir s'il est possible de mutualiser les reportages au sein de chaque média pour limiter les risques.« Je doute que mes collègues soient d'accord,répond Jean-Paul Cluzel.Ce serait une révolution copernicienne.
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