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quotidiens

Une ouverture capitale

31/03/2005

Le financier Édouard de Rothschild termine les derniers rounds de valorisation de l'entreprise Libération. Il devrait prendre 37 à 40 % du capital à la mi-avril.

Inquiétude chez les salariés deLibération.Le quotidien ouvrira son capital, lors d'un conseil d'administration dans la semaine du 12 avril, au financier Édouard de Rothschild, réputé proche de Nicolas Sarkozy. Un drôle d'actionnaire pour l'ancien journal de la gauche maoïste, champion de la cause ouvrière et de l'autogestion.

Surtout, la part d'Édouard de Rothschild devrait être un peu plus élevée que prévu. Lorsque 60 % des salariés ont accepté, le 20 janvier, le principe de l'arrivée du nouvel actionnaire, sa participation devait atteindre 37 %. Depuis, Rothschild et son entourage ont multiplié les audits. Objectif : affiner au plus juste la valorisation de l'entreprise et, bien sûr, monnayer les 20 millions d'euros promis contre une part de capital la plus élevée possible. De fait, ces audits devraient lui garantir quelque 39 % du capital. La nouvelle a cueilli à froid les salariés, qui ont questionné Louis Dreyfus, directeur financier, lors du comité d'entreprise du 24 mars. Ce marchandage fait partie du jeu des fins de négociation, a expliqué Louis Dreyfus, qui s'est engagé à ce que Rothschild demeure sous la barre des 40 %. Selon les résultats de l'entreprise, dont le déficit avoisinerait 4 millions d'euros en 2004, Rothschild dispose d'une option lui permettant de monter à terme jusqu'à 49 % du capital sans dépasser 40 % des droits de vote. Mais, déjà, les syndicats brandissent la menace de la clause de cession (qui offre aux journalistes la possibilité de partir avec des indemnités en cas de changement d'actionnaire) si Rothschild frôlait les 40 %.

L'inquiétude touche aussi les salariés de la régie, qui attendent un accord avec le groupe Lagardère. L'identité culturelle deLibérationen sortira-t-elle préservée ? Pour l'anecdote, Édouard de Rothschild et Arnaud Lagardère se connaissent : le premier a remplacé Jean-Luc Lagardère, le père du second, à la présidence de la société de courses France Galop.

Une diffusion au plus bas

Pour l'heure, les négociations autour du contrôle d'Espaces Libération (lireStratégiesn°1361), codétenue par Publicis etLibération,se déroulent dans un contexte difficile. Les quotidiens gratuits se sont durablement implantés, constituant une concurrence d'autant plus rude que les investissements dans la presse quotidienne baissent depuis plusieurs années. ÀLibération,ils ont encore chuté de 8 % en janvier 2005 par rapport à janvier 2004, selon TNS Media Intelligence. À cela s'ajoute l'inconnue du management.« Personne ne sait ce que vont faire Guillaume Hannezo et Agnès Touraine[anciens dirigeants de Vivendi, aujourd'hui conseillers de Rothschild]»,remarque un salarié.

Enfin, la diffusion payée deLibérationa été durement affectée en 2004, à 139 479 exemplaires (- 7,8 %), soit son plus bas niveau depuis 1985. Ce coup de semonce impose à tous, salariés, actionnaires et direction, un plan pour sortir rapidement l'entreprise de la crise. Un comité de développement de huit à dix personnes se réunira donc tous les mois à compter de mi-avril. Il commencera par préparer des études de lectorat sur le rapport du public deLibérationà l'information, avec en toile de fond la concurrence grandissante des gratuits. Au menu également, des baisses de prix ciblées sur certains jours ou certaines régions, la refonte du cahier du week-end et l'étude d'un supplément TV. L'argent d'Édouard de Rothschild sera visiblement utile.

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