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audiovisuel

L'Europe en quête d'image(s)

12/05/2005

Sous l'impulsion de sa vice-présidente en charge de la communication, Margot Wallström, la Commission européenne entreprend de conquérir l'Europe des images... pour améliorer la sienne.

Que ce soit sur les importations de textile chinois ou sur le taux de TVA allégé pour la restau-ration, l'Europe fait actuellement entendre sa voix. Mais qu'en est-il des images ? C'est la question à laquelle la Commission européenne s'est attelée lors d'un colloque organisé à Bruxelles, les 20 et 21 avril, intitulé « Putting Europe in the Picture » (Plein cadre sur l'Europe). Une première pour Bruxelles, à laquelle participaient de nombreux correspondants et responsables audiovisuels de l'Union européenne (UE).

Le constat est implacable. Selon Thierry Vissol, conseiller à la direction générale Presse et Communication de la Commission, l'Union souffre d'un double déficit d'image. Sur le plan quantitatif, un sondage mené en 2004 dans les vingt-cinq pays membres a montré que 67 % des Européens s'estimaient insuffisamment informés sur l'UE. Pour inverser cette tendance, la télévision et la radio sont déterminantes, d'autant plus que 40 % de la population éprouve des difficultés de lecture. Or, une étude de l'Institut des images, réalisée en janvier-mars 2005, montre que la représentation de l'Europe dans les journaux télévisés est marginale : 1,1 % des sujets sur la chaîne portugaise RTPI, 1,8 % sur RTL2 (Allemagne), 3,2 % sur RAI1 (Italie) et 5 % sur TF1. Seule l'Espagne, avec 14 % de sujets européens, s'en tire mieux, mais c'était, il est vrai, quelque temps avant son référendum.

Du point de vue qualitatif, les programmes ayant trait à l'Europe sont jugés insatisfaisants par 77 % des personnes interrogées. L'Europe passe mal à l'image : le thème est jugé terne, austère par les Européens, qui manifestent leur désintérêt pour des sujets institutionnels, complexes, souvent présentés devant la façade d'un building et le drapeau étoilé, renforçant l'idée d'une superstructure technocratique. Pas étonnant qu'une chaîne comme TF1, sans correspondant à Bruxelles, n'en raffole pas.« Ce qui intéresse les citoyens,constate Thierry Vissol,c'est eux-mêmes. Ils souhaitent disposer de regards croisés et qu'on mesure l'impact de la construction européenne sur leurs existences. »

En finir avec « l'eurojargon »

Comme l'observe Laurent Gervereau, président de l'Institut des images,« à défaut d'une politique de communication volontariste, l'UE ne joue pas pleinement ses chances : il ne faut pas une langue de bois centralisée, mais montrer l'Europe concrète des réalisations, un " european way of life ". »Un sentiment partagé par Philippe Cayla, président de la chaîne Euronews, qui note que les institutions européennes s'associent peu sur l'écran à des événements comme l'A380, la sonde Huygens, la candidature de trois villes européennes aux JO ou la commémoration d'Auschwitz. Margot Wallström, vice-présidente de la Commission en charge de la communication, convient qu'il faut mettre fin à« l'euro-jargon »des fonctionnaires européens en costumes gris, recruter des spécialistes de la communication pour s'adresser aux médias, s'adapter à la spécificité de chaque pays à travers les bureaux de représentation nationale, recréer le dialogue avec les citoyens... Et parler aux jeunes et aux femmes. Selon elle, il faut mettre en avant des réussites européennes tel le programme Erasmus, instiller de l'Europe dans les programmes audiovisuels existants et réagir, le cas échéant, aux « erreurs » des médias (la directive Bolkestein étant un« malentendu »,selon elle). Bref, il faut une communication ciblée.« Ces dernières années,dit-elle,nous avons été comme ce type qui sort sa Ferrari pour impressionner son amie. Mais il ne sait pas où se trouve le réservoir. Alors il se dit qu'il n'a qu'à mettre de l'essence et qu'elle rentrera bien quelque part. »Comme le souligne Phil Harding, directeur de BBC World Service, le carburant ne peut plus être un« message monolithique ». « Il faut,dit-il,une Europe avec des controverses dans les nouvelles. C'est mieux que quelque chose d'opaque et d'ignoré. »

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