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Sud Radio dans l'orbite des Indépendants

radio

09/06/2005 - Devant les difficultés de la station toulousaine à redresser son audience, Pierre Fabre s'est décidé à vendre. Jean-Éric Valli, président du groupe radiophonique Start, fédère un pool d'opérateurs locaux.

Les salariés d'une société rachetée se dressent généralement contre les projets de l'acheteur. Ceux de Sud Radio en veulent, eux, au vendeur, l'industriel Pierre Fabre. Ils ne lui pardonnent pas son projet de cession de la station toulousaine et de sa filiale bordelaise Wit FM au holding Sudporters, dans lequel Jean-Éric Valli, le patron du groupe Start, par ailleurs président du GIE Les Indépendants, est majoritaire (lire l'encadré). Le PDG de Sud Radio, Pierre-Yves Revol, cherchait depuis des mois des partenaires financiers pour une reprise partielle. Il avait promis aux salariés de maintenir les emplois. Le changement de propriétaire fait tomber cette garantie.« L'actionnaire fuit ses responsabilités »,estime Louis Pérez, délégué du Syndicat national des journalistes. Les salariés et leurs représentants ont demandé une entrevue à Pierre Fabre, qu'ils n'ont croisé qu'une seule fois en dix-huit ans. Et ont déclenché une grève le 1er juin - jour de l'annonce de la vente -, mouvement qui se poursuivait lundi 6 juin.

Propriétaire de Sud Radio à 80 % depuis 1987 aux côtés de RTL Group (20 %), Pierre Fabre n'avait certainement pas besoin de vendre la station pour financer l'acquisition récente des Éditions du Rocher... La raison tient davantage aux difficultés persistantes de la radio toulousaine, déficitaire depuis trois ans. Le couplage Sud Radio/Wit FM est tombé à 1 % d'audience cumulée, selon les derniers chiffres Médiamétrie. C'est-à-dire sous le seuil d'audience minimum convenu dans les accords conclus avec sa régie IP France, filiale de RTL Group. Ce dernier vend lui aussi sa participation, IP conservant toutefois la régie.

Revenir aux fondamentaux

« Nous n'avons pas les compétences nécessaires pour poursuivre l'exploitation de la radio »,a indiqué Pierre-Yves Revol aux salariés. Des compétences que les repreneurs - certains étant déjà associés dans la reprise de Voltage FM, par exemple - estiment avoir, même s'ils n'ont jamais opéré dans des formats généralistes.« Nous ne sommes pas un " raider " étranger qui va déplacer l'usine de nuit,explique Bertrand de Villiers, PDG d'Alouette.Nous voulons revenir aux fondamentaux multirégionaux de cette station, qui dérive depuis plusieurs années vers une radio généraliste nationale. »Le plan de relance comprend l'ouverture des antennes à la publicité locale par zones et une plus grande proximité avec les auditeurs.« Il faut décrocher de la compétition avec les radios nationales »,explique encore Bertrand de Villiers. Pour lui, la nouvelle Sud Radio« doit sentir un peu la terre mouillée ».


Information traitée dans Stratégies Magazine n°1373

Jean-Éric Valli aux manettes

Sous réserve du feu vert du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Sud Radio et Wit FM seront la propriété à 100 % d'une société holding baptisée Sudporters. Celle-ci est contrôlée à 52,4 % par Jean-Éric Valli, patron de Haute Tension et Start (Ado FM, Vibration). Les autres actionnaires du holding sont, à hauteur de 15,34 % chacun, les groupes radiophoniques Scoop (Lyon) et Alouette (Vendée), ainsi que le fonds Federi dans lequel on retrouve les radios Contact, Scoop, Alouette et Start. Des personnes physiques complètent le tour de table.

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