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La tendance est tendance

08/09/2005

Après les féminins et les magazines branchés, les news magazines se mettent à leur tour à jouer les défricheurs de modes. Comment décrète-t-on les tendances ?

Les arbitres de l'élégance l'ont décidé : l'homme et la femme sophistiqués se devront, en cette rentrée 2005, d'habiller leur chien en Burberry, leur bambin en Zadig&Voltaire, de se procurer d'urgence l'étui à dentifrice Dior, de lâcher leurs séances d'aquagym, désormais réservées aux rombières, pour découvrir les joies de l'aquayoga, et de pratiquer l'art tour en limousine, parce que, comme chacun sait, « visiter les galeries d'art de Paris, ça use les Prada »...

Après avoir contribué tout l'été à l'édification de leurs lecteurs, avec des dossiers sur les Celtes ou sur les mystères du Louvre, les news magazines se sont fait les chantres de la hype : la tendance est tendance, à tel point que L'Express a publié mi-août un dossier sur les « Snobismes », constitué de « 70 idées pour être vraiment dans le coup », suivi par Le Point, qui consacrait une semaine plus tard sa couverture aux « Nouvelles Tendances ». Visuels de produits cosmétiques, de chaussures et autres sacs griffés plein pot : ça ne sentirait pas un peu le harcèlement de service de presse, tout ça ? « En tant que responsable des pages tendances, je reçois évidemment un grand nombre de dossiers de presse : plus de deux cents par jour. Mais lorsque j'étais critique de danse, j'en recevais tout autant », explique Brigitte Hernandez, du Point. Cette dernière est formelle : les tendances, c'est du sérieux. « En général, nous les repérons chez les artistes, puis nous consultons des cabinets comme Nelly Rodi, Peclers ou Carlin. Lorsque nous avons commencé à réaliser ces dossiers tendances, je regardais tout cela d'un air hautain : on m'avait présenté un cahier prospectif dans un cabinet où l'on ' sentait ' une atmosphère générale un peu morbide, avec beaucoup de blanc, beaucoup de poussière... Un mois après, c'était le 11 septembre. Ça m'a laissée songeuse. » Diantre. Le grand pape de l'air du temps, l'incontournable Vincent Grégoire, « chasseur de tendances » chez Nelly Rodi, veut lutter contre la vision très madame Irma qu'ont certains de son métier. « Nous ne sommes pas des pythies en proie aux illuminations... Il est vrai que nous travaillons à l'intuition, en nous nourrissant d'un film, d'une phrase d'un philosophe ou d'anecdotes de copains, par exemple. Puis, nous ramenons notre panier à l'agence, où nous échangeons avec des sociologues et des philosophes notamment, qui nous aident à tirer les fils de tout ce bazar. »

Impossible d'y échapper

Pour la rentrée, la journaliste et le tendanceur sont formels : on n'échappera pas à deux lames de fond : le retour de l'âme slave et la « bobolchevisation ». Les « bobolcheviks », terme à l'origine mis en avant par le magazine Technikart, « sont des bobos qui fantasment sur les univers paysans et ouvriers, en faisant main basse sur des bleus de chauffe ou des tables en Formica », explique Vincent Grégoire. Par ailleurs, si l'on n'est pas porté vers les manteaux d'inspiration armée Rouge, on risque de souffrir. « Disons que si vous voulez trouver autre chose qu'un manteau col officier ou une veste en astrakan, cela va être dur », prédit Brigitte Hernandez. Est-il tellement impossible d'échapper aux tendances, même les plus aberrantes, se demande-t-on, affolé, ne pouvant se souvenir sans frémir de la vogue des horribles bottes fourrées Ugg, qui n'allaient à personne, il y a deux ans ? « Je n'ai pas le souvenir que l'on ait annoncé des tendances lourdes qui n'aient pas marché », constate Brigitte Hernandez. « Le microsac a cartonné, même le retour du fuchsia, a priori une couleur difficile, a fonctionné. Cela signifie que les tendanceurs et les créateurs sont vraiment très forts. Ou alors, nous ne sommes pas vraiment libres... » Probablement pas.

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