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Libé au galop... vers la crise

06/10/2005

Les délégués du personnel de Libération s'attendent à un plan social qui pourrait toucher une cinquantaine de salariés. Un redéploiement sur Internet commencera dès 2006.

Je crois que c'est une vue utopique de vouloir différencier rédaction et actionnaire. » En lâchant, le 30 septembre sur France 2, cette phrase laconique, Édouard de Rothschild, actionnaire à 38,9 % de Libération, se doutait-il qu'il allait provoquer la fronde de la Société civile des personnels (SCPL) ? Pour l'actionnariat salarié du journal, de telles déclarations « augurent d'une volonté d'intervention dans le contenu rédactionnel » et « rappellent étrangement les propos de Serge Dassault » à son arrivée au Figaro. La SCPL souligne que l'actuel président de France Galop avait pourtant assuré en janvier 2005 qu'il « n'interviendrait jamais dans le contenu rédactionnel ».

Un échange musclé qui en dit long sur la crise de confiance que traverse la rédaction. Il faut dire qu'en parlant de « mettre de l'ordre dans la situation économique du journal », Édouard de Rothschild n'a pas vraiment rassuré les délégués du personnel, qui craignent 40 à 80licenciements, sur un total de 330salariés. « Je me sens trahi, explique François Wenz-Dumas, délégué SNJ. J'avais mouillé ma chemise pour lui, nous pensions qu'il était là pour développer Libération... En fait, il se rend compte qu'il est entré dans une entreprise qui perdait 100 000 euros par mois et en perd 500 000 cinq mois plus tard. Il lui faudrait 80 départs d'ici à la fin de l'année. Aujourd'hui, nous sommes prêts à aller à l'affrontement. »

Faire payer l'accès au site Web

Cette année, de source ­interne, la perte nette de Libération sera de 8,2 millions d'euros, dont environ « 1 million d'euros » destinés à rémunérer la banque Lazard, qui a fait venir Rothschild. Au final, le quotidien table sur une perte brute d'exploitation de 6,3 millions d'euros. Selon l'OJD 2004-2005, il a perdu 9,8 % de sa diffusion payée en un an. Un relancement devient donc urgent. Pour l'heure, en l'absence de contrôle des coûts, Édouard de Rothschild ne veut entendre parler ni de nouvelle formule ni de supplément week-end. Tout investissement supérieur à 500 000 euros doit avoir son accord. Heureusement, un redéploiement sur Internet, représentant un coût de 350 000 euros, peut encore passer. Libération prévoit de lancer au printemps 2006 un « site premium payant » avec un système d'abonnement mensuel à 1 euro en plus du journal, ou de 60 euros sans le papier. Une dizaine de journalistes serait mis, une semaine par trimestre, à disposition exclusive du Web. En 2008, le titre mise sur 5 millions d'euros de recettes sur le Net contre 1,5 million en 2005 (sur 73 millions de chiffre d'affaires). Internet peut donc représenter un relais de croissance salvateur. À condition d'être soutenu par l'actionnaire : « Nous sommes déçus de voir que nous avons plus affaire à un financier qu'à un industriel, conclut le délégué SNJ. Papy Dassault, au moins, c'est un industriel. »

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