Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Ouest France, sauveur ou papivore ?

13/10/2005

Seul prétendant au rachat du pôle ouest de la Socpresse, le premier quotidien français avance un atout majeur : le maintien des emplois.

Déjà propriétaire de deux quotidiens, de 42 hebdomadaires, d'un groupe de gratuits dont 20 Minutes et de plusieurs ­radios, le nouveau " papivore " breton vise le monopole sur l'Ouest en voulant se faire passer pour ce qu'il n'est pas : le sauveur des titres Hersant. » Hervé Louboutin, directeur de l'hebdomadaire nantais Nouvel Ouest, a sorti l'artillerie lourde pour tenter de contrecarrer, dans un éditorial de son numéro de début octobre, le rachat du quotidien Presse Océan par son puissant voisin Ouest France. « C'est la solution du moindre mal », ­entend-on pourtant dans les couloirs du quotidien nantais, le principal titre du pôle ouest de la Socpresse convoité par Ouest France et sur lequel le ­Conseil de la concurrence devait rendre un avis le 11 octobre.

Certes, les salariés des trois quotidiens tombés entre les mains de Serge Dassault (1) pour environ 55 millions d'euros auraient préféré ne pas être avalés par leur concurrent historique. Mais à choisir entre leur indépendance éditoriale et la survie de leurs ­emplois... « Nous préférons de loin être rattachés à Ouest France que d'être ­rachetés par un fonds de pension, qui aura vite fait de fermer nos portes », plaide un salarié de Presse Océan, lequel ­affichait en 2004 un déficit de 6 millions d'euros. Un avis partagé par l'ensemble des syndicats et unanimement défendu par les hommes politiques locaux, tels Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire, et Jean-Marc ­Ayrault, député-maire de ­Nantes. Même Le Télégramme, malgré ses rodomontades, semble s'être rallié à la cause d'Ouest France. « Il n'y a pas vraiment d'alternative, concède Hubert Coudurier, directeur de l'information du quotidien de Brest, qui convoite de son côté Paris Normandie. Reste à savoir si les licenciements seront effectivement évités et si le pluralisme éditorial sera respecté. En exigeant une minorité de blocage dans la télévision locale Nantes7, nous espérons en tout cas conserver une vitrine plurielle. »

Concernant la question sociale, nul ne cache à Ouest France que des « restructurations, quoique limitées, auront lieu ». Ainsi, la quarantaine d'employés de l'imprimerie de Presse Océan, dont la fermeture est prévue par le plan de rachat, ne pourront probablement pas tous être reclassés sur les sites de Rennes ou de La Chevrolière, près de Nantes. De même, le maintien de la régie publicitaire du pôle ouest de la Socpresse, Interégie, n'était pas assuré en fin de semaine dernière. « Nous prendrons nos décisions lorsque nous aurons toutes les pièces du dossier en main », souligne Gaëtan Lahaie, secrétaire général du premier quotidien français (762 200exemplaires)

S'agissant de l'indépendance éditoriale, les journaux du groupe Dassault se veulent confiants. « Le groupe Ouest France n'est jamais intervenu sur la ligne éditoriale de La Presse de la Manche, ­acquise dans les années quatre-vingt-dix », note Christian Lepage, du comité d'entreprise de Presse Océan. Un argument évidemment énoncé par Ouest France lors de son audition par le Conseil de la concurrence, le 4 octobre dernier.

(1) DSH 2004-2005 diffusion payée : Le Maine libre (47 192 ex.), Presse Océan (51 164 ex.) et Le Courrier de l'Ouest (97 129 ex.).

Envoyer par mail un article

Ouest France, sauveur ou papivore ?

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.