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Le grand écrit des énarques

20/10/2005

Pour le soixantième anniversaire de l'ENA, le quotidien économique Les échos a confié à quatre-vingts anciens élèves la rédaction du journal. Ambiance conviviale... et studieuse.

Qu'ils soient en jeans, comme le président de Radio France Jean-Paul Cluzel, ou sanglés dans un costume sombre, à l'instar du député européen Jean-Louis Bourlanges, les quatre-vingts énarques invités à rédiger, en ce dimanche 16 octobre, l'édition des Échos datée du 17 octobre, prennent leur rôle au sérieux. À peine leur café avalé dans le hall de cet imme uble moderne du viiie arrondissement de Paris, ministres et grands patrons sont briefés par leur « coach », un vrai journaliste de la rédaction. Angle d'attaque, personnes à interviewer - merci aux copains de promo qui ont bien voulu transmettre les numéros de portable utiles ! -, gabarit et horaire de remise des copies à respecter, vocabulaire « pas trop technocrate » : toutes les contraintes journalistiques sont passées en revue.

À contre-emploi

10 h 30. La salle de conférence de rédaction, pleine à craquer, retentit du bruit des bavardages et des éclats de rire. Après tout, on est aussi venu célébrer le soixantième anniversaire de cette usine à hauts fonctionnaires. Clara Gaymard relève « l'humour bizarre des Échos », qui lui ont confié un sujet sur l'implantation d'une entreprise française à Dresde, en Allemagne, alors qu'elle tente, en tant que présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux, de vanter au contraire les atouts de l'Hexagone. « C'est le jeu, rétorque le directeur adjoint de la rédaction, Érik Izraelewicz. L'intérêt est justement de vous utiliser à contre-emploi. »

Et d'éviter les conflits d'intérêts. Simone Harari, récemment débarquée de sa société de production Télé Images, a pour sa part réussi à tirer son épingle du jeu en construisant son billet d'humeur sur la SNCM comme une « sitcom économique ». Dans ce numéro 15 521 des Échos, dont le tirage a été doublé pour l'occasion (à 355 000 exemplaires), il est aussi question du nouveau gouvernement allemand, de la grippe aviaire ou du G20. Bref, de tous les grands sujets qui font l'actualité. Car il s'agit de faire un journal ordinaire avec des reporters extraordinaires. « J'espère qu'ils ont bien compris qu'il ne fallait pas se cantonner au commentaire, mais bien traiter les faits », s'inquiète Érik Izraelewicz.

De retour devant son écran, Dominique d'Hinnin, le directeur financier du groupe Lagardère, se lance dans la rédaction de son article sur l'inauguration de deux usines en Europe. « Ce n'est pas moi qui ai choisi ce sujet. Vous savez, ici, on n'est pas en démocratie », sourit-il, avant que sa voisine de bureau, la journaliste Annie Colybes, lui rappelle que dans la presse, c'est l'actualité qui dicte ses lois. Habitué des médias, ­Dominique d'Hinnin avoue que sa principale difficulté consiste à trouver, puis vérifier, une information. Pour d'autres, c'est la longueur des papiers qui pose problème. Robert Madelin a plus l'habitude de rédiger des documents de vingt pages sur les problématiques de santé de l'Union européenne que trois feuillets sur Aegis... « Cela dit, il a su rapidement saisir le contexte et l'importance d'un sujet aussi chaud », observe Grégoire Poussielgue, des Échos. « Ils ont généralement un bon sens de l'angle, ajoute son confrère Étienne Lefebvre, et sont surtout très studieux. Ils ont conscience que le journal doit sortir demain. »

15 heures. Il faut à présent décider de la une. Michel Cicurel, président du directoire de la compagnie financière Edmond de Rothschild, tient à « faire monter » en une son papier, un portrait de Nathanaël Karmitz, fils de Marin Karmitz et nouveau patron des cinémas MK2. Jean-Paul Cluzel, chargé d'analyser le budget de l'État, ne revendique pas, lui, la première page. Le sujet figurera pourtant en une le lendemain. À chacun sa hiérarchie de l'information.

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