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Violences urbaines à la une

10/11/2005

Depuis le 27 octobre, les médias franciliens consacrent « unes » et dossiers spéciaux aux émeutes dans les banlieues. Décryptage d'un devoir d'informer difficile à assurer.

L'escalade », « Qui sont les émeutiers », « Combien de temps ça va durer ? » : depuis le 27 octobre, jour de l'embrasement des banlieues, les unes du Parisien s'enchaînent, avec photos de voitures incendiées et de ­policiers en alerte. Sensationnalisme ou devoir d'information ? La direction du quotidien francilien se dit consciente de ses responsabilités. Elle a adressé le 6 novembre un courriel à l'ensemble de la rédaction pour lui rappeler que le quotidien « n'a pas droit à l'erreur ». « Pas d'a priori » est le mot d'ordre lancé à ses trois cents journalistes. Même si les lecteurs du Parisien sont d'abord ceux que les émeutiers effraient, le quotidien s'efforce de donner la parole à tous. « À condition qu'ils s'expriment à visage découvert », précise Christian de Villeneuve, directeur de la rédaction.

Au-delà du factuel

Le Parisien ne lésine pas sur les moyens pour couvrir cette crise : ­mobilisation de tous les services, bouclage reculé à 2 heures du matin, lancement d'une rubrique « Franchement », qui donne la parole à différents observateurs sur une question du type « Les auteurs de violences sont-ils manipulés ? ». Pour Christian de Villeneuve, Le Parisien « ne peut pas se contenter de couvrir les faits. Il est nécessaire que notre démarche s'appuie aussi sur la réflexion ». Un dispositif payant : les ventes du quotidien progressent de 5 à 10 % selon les jours.

Même sens des responsabilités à France 3. La chaîne n'annonce plus dans ses journaux le nombre de véhicules incendiés. « Nous ne voulons pas en rajouter dans la surenchère médiatique, confie Gérard Vallès, rédacteur en chef de France 3 Paris Île-de-France. Nous nous interdisons les hit-parades de voitures brûlées. La télévision ne doit pas être la scène des exploits des émeutiers. » Il reconnaît aussi la difficulté à sortir du factuel. « Les journalistes ne sont pas préparés pour couvrir ce genre de situations, affirme Jean-François Tealdi, journaliste à France 3 et secrétaire général de la SNJ-CGT de l'audiovisuel public. C'est un problème de fond car, par ailleurs, peu de journalistes sont issus de ces milieux et la télévision reste, d'une certaine manière, dans sa tour d'ivoire. »

De plus, selon le syndicaliste, les ­médias ne viennent dans les cités que lors d'événements spectaculaires, comme ces émeutes. « Faux, rétorque Gérard Vallès. À France 3 Paris Île-de-France, nous avons monté une commission banlieue il y a deux ans et demi. Elle est justement chargée de nouer des contacts et créer des réseaux. » Du coup, la chaîne s'estime mieux intégrée et capable de réaliser des reportages avec un certain recul.

Plus délicate est la position de Skyrock. Leader des stations musicales en Île-de-France, la radio peut être considérée comme étant en première ligne. Or elle semble faire profil bas. Ni Pierre Bellanger, son président, ni Difool, directeur de l'antenne, qui anime aussi Le Morning et Radio libre en soirée, n'ont souhaité s'exprimer sur le sujet. Pour Hervé Glevalec, sociologue au CNRS et spécialiste du rôle social des radios, « Skyrock est dans une situation ambiguë, partagée entre son audience, en majorité des jeunes des quartiers, et le discours légal qu'elle se doit de tenir ». La station craint peut-être, en laissant s'exprimer ses auditeurs de banlieue, d'être identifiée à la radio des cités, à cette « racaille » qui fait fuir les annonceurs...

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