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Alain Weill met plein d'NRJ dans BFM

10/11/2005

Après avoir tout appris de Jean-Paul Baudecroux, fondateur et patron de NRJ, Alain Weill, président de Nextradio, lance BFM TV.

Une fois de plus, il entre par la petite porte dérobée du hall de RMC Info et de BFM. Comme quelques mois plus tôt avec Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Alain Weill fait le tour des locaux de sa chaîne dans l'immeuble de la société Cognacq Jay, au bord du périphérique parisien. Rien ne manque : ni le plateau de la nouvelle BFM TV, qui devrait émettre dès le 28 novembre avec 60journalistes, 12 millions d'euros de budget et des décors virtuels, ni la régie technique, ni même le salon de maquillage pour les invités. Tout était déjà en place avant même que l'instance de régulation ne délivre son précieux sésame. Le système de diffusion tient dans une minuscule salle remplie d'ordinateurs. « Vous vous rendez compte, sourit-il, on fait de la télé avec ça ! Nous arrivons dans ce média au moment où il y a une vraie rupture technologique... comme dans la FM au début des années quatre-vingt. »

Comme dans la FM et comme Jean-Paul Baudecroux, le patron fondateur de NRJ pour lequel Alain Weill a donné douze ans de sa vie. D'abord comme directeur de son réseau de stations ­locales où, à vingt-cinq ans, il chapeautait 200personnes, puis comme directeur général, où il a oeuvré pour rapprocher le groupe musical de la communauté financière. « C'est un très bon élève, juge Jean-Paul Baudecroux. Tout ce qu'il fait, il l'a appris à NRJ. Et il sait saisir les occasions car c'est un vif qui garde son calme. » Pour preuve, le patron rappelle qu'il a su convaincre des franchisés de s'affilier à son programme. « Pour racheter des radios, il ne fallait pas un numéro de claquettes, mais savoir négocier », rappelle son ami Franck Lanoux, directeur ­général de RMC. En 2000, c'est encore en opportuniste et en financier avisé qu'Alain Weill reprend RMC à son compte alors que le groupe NRJ est contraint d'y renoncer faute de respecter le seuil anticoncentration. « Personne n'y croyait, se souvient Franck Lanoux. Il y avait 43postes inscrits au plan social et nous avons eu 63 candidatures. » Depuis, raconte Baudecroux, l'élève suit un parcours à l'image du maître : redressement de RMC puis de BFM, introduction en Bourse, création d'une chaîne sur la TNT et des BFM Awards, etc.

Si vous demandez à Alain Weill de qui, entre Ted Turner, Michael Bloomberg et Jean-Paul Baudecroux, il se sent le plus proche, il n'hésite pas une seconde. Pas seulement parce qu'il partage avec ce dernier la passion de la radio : « Baudecroux m'a appris à anticiper le coup suivant, à ne jamais être dans l'euphorie et la confiance, à croire en soi-même et à ne pas se laisser impressionner par les autres. Un bon chef d'entreprise doit toujours avoir un certain recul, ne pas se perdre dans le quotidien et être un peu au-dessus de ses salariés pour les aider. Au feu, c'est avec l'hélico que vous avez une bonne vision de l'incendie. » Voilà pour la reconnaissance du fils spirituel. « Mais à quarante-quatre ans, je commence à m'émanciper... », ose l'intéressé.

Le virus du journalisme

Là où Alain Weill n'est pas un mini-Baudecroux, c'est dans son intérêt pour l'information. Un goût affirmé dès l'enfance, quand il faisait un journal-cassettes, voulait devenir journaliste, lisait Le Monde. Certes, l'entrepreneur a fini par l'emporter après un mastère à HEC et un stage à Europe1. Mais le virus est bien là : Alain Weill aime être sur la brèche, ­conquérir l'estime de l'establishment, concentrer ses ressources sur l'info quitte à externaliser les autres services. « Seulement, prévient Jean-Marc ­Morandini, son ancien salarié de RMC, le journalisme, c'est de l'humain. Or il a du mal à considérer l'humain : les affaires passent avant. »

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