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Pas de toques au menu

10/11/2005

Le Progrès à Lyon. Dans la capitale des Gaules, le quotidien a ses tics : les ouvertures de restaurants, les découvertes, les métiers de bouche. Mais il manque les toques.

Dans la « capitale des gueules », selon l'expression de Paul Bocuse, chef lyonnais de renommée mondiale, la haute gastronomie est loin de monopoliser les colonnes du Progrès. Les grandes tables qui ont fait la gloire de la ville et de sa région relèveraient-elles d'un patrimoine historique un rien ignoré ? Courue par les touristes mais délaissée par ceux qui sont habitués à ce voisinage prestigieux, la région lyonnaise ne compte pourtant pas moins de quinze restaurants étoilés dont trois établissements trois étoiles au Michelin. Quant au Bocuse d'or, concours mondial de cuisine, il rassemble chaque année 164 000 visiteurs, dont 12 000étrangers et 1 750 exposants.

« Il y a bien longtemps que je n'ai pas lu un ­article sur Orsi, un très grand chef, remarque Guy Lassausaie, meilleur ouvrier de France 1993 et président des Toques blanches lyonnaises, une association qui regroupe une centaine de chefs. Toutes les maisons ont besoin qu'on parle d'elles. La preuve : même Danone continue à faire de la publicité. » Et le chef d'enfoncer le clou : la couverture du Progrès « n'est pas à la hauteur de la réputation et de l'importance de la gastronomie dans la région ». Les Toques blanches ont souhaité, en vain, parrainer une chronique régulière dans le quotidien, vendu chaque jour en moyenne à 231 000 exemplaires. « On m'a répondu que ce n'était pas une priorité, je respecte donc leur choix éditorial », précise, pincé, Guy Lassausaie. En mai 2005, pour le gâteau d'anniversaire des cinquante ans de Disney qu'elles ont réalisé, les Toques blanches ont eu droit à deux pages dans Le Progrès. Deux pages négociées avec le service promotion du journal, pas avec la rédaction.

Suppléments spéciaux

Si la haute cuisine ne figure pas au menu du journal régional, la restauration sous toutes ses formes est tout de même traitée, avec les ouvertures de restaurants, les parcours de jeunes chefs, les découvertes, etc. Le supplément tabloïd Week-end loisirs du jeudi consacre à la gastronomie une page avec un article sur un cuisinier, sur les métiers de bouche et des infos générales sur le secteur. Le jeudi toujours, on trouve encore un restaurant en pages « Temps libre ». Et le samedi, un « Bon plan restaurant ».

À l'évidence, Le Progrès cherche à répondre à l'attente d'un lectorat très large, loin de la clientèle d'affaires et des repas de fêtes des tables haut de gamme abondamment traitées, il est vrai, par les autres médias. Le quotidien régional (en cours de cession par Dassault) édite également des suppléments lors de grands événements, notamment pour le beaujolais nouveau et le Salon international de la restauration, de l'hôtellerie et de l'alimentation (Sirha). « Le Progrès publie plusieurs spéciaux et couvre très bien le salon, qui bénéficie d'une médiatisation internationale », se félicite Florent Supplisson, responsable des relations extérieures de Sepelcom, organisateur du Sirha.

« La dimension gastronomique est réelle à Lyon et représente un atout économique qui n'est pas exploité », regrette pourtant Jean-François Mesplède, chroniqueur gastronomique au Progrès jusqu'à cet été, qui poursuit son activité en indépendant dans l'agence qu'il a créée. Avec une certitude : « Le lecteur a besoin d'être guidé par un professionnel. La critique gastronomique n'est pas un aimable hobby. »

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