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« Le FT est plus que bimédia »

24/11/2005

Olivier Fleurot, directeur général du Financial Times, quotidien économique anglais, commente les projets multimédias du groupe.

Le Financial Times ne cesse de perdre des lecteurs au Royaume-Uni. Comment l'expliquez-vous ?

Olivier Fleurot. La vocation du FT est d'être un journal mondial destiné aux dirigeants. Il est possible que nous ayons trop mis l'accent là-dessus ces quinze dernières années et que l'on ait perdu le sens de ce que devrait être un journal national. En Grande-Bretagne, il faut que nous soyons à la fois le FT et Les Échos. Pour ce faire, nous allons redéployer notre équipe de cinq cent trente journalistes.

Le site ft.com, lui, se porte très bien. Quelle part représente le marché publicitaire en ligne ?

O.F. Notre investissement sur le Web, qui a été critiqué il y a quelques années, porte ses fruits. L'étude d'audience européenne d'Internet, Europe 2005, classe le ft.com comme le plus fréquenté, avec 4 millions de visiteurs uniques par mois. En réalité, nos recettes sur le Web se partagent en trois tiers : publicité, abonnements et redistribution, c'est-à-dire les contenus que nous revendons. Aujourd'hui, la publicité croît plus vite, de l'ordre de 25 % par an, et je pense qu'elle occupera bientôt la moitié de nos recettes Internet.

Allez-vous quand même poursuivre votre stratégie d'articles payants ?

O.F. Oui, mais nous allons créer de plus en plus de contenus exclusifs pour le Web. Ces contenus distincts seront proposés gratuitement.

Comment fonctionne une rédaction bimédia ?

O.F. Nous avons été les précurseurs, en fusionnant nos rédactions Web et papier il y a trois ans. Nous n'avons qu'une seule rédaction, qui travaille pour l'ensemble des médias. Le fait que nous ayons un réseau mondial d'éditions et de journalistes fonctionnant en continu constitue un atout supplémentaire. Aujourd'hui, nous sommes plus que bimédias, nous sommes multimédias puisque nous travaillons sur les contenus pour le téléphone portable, le « blackberry » et tous les objets qui permettent d'accéder à l'info. Notre objectif est d'être la meilleure source d'information, quel que soit le média utilisé.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

O.F. Faire en sorte que le FT soit profitable l'an prochain, qu'il se développe dans les nouveaux marchés, notamment en Inde et en Chine. Nous avons d'ailleurs relancé un site Web en mandarin au mois d'août. Il se développe assez vite, avec plus de 10 % d'audience par mois.

Le gratuit City AM, lancé en septembre, a-t-il affecté le FT ?

O.F. Je ne crois pas. City AM a un positionnement moyen de gamme alors que le FT cible les cadres supérieurs.

Est-ce parce qu'Andrew Gowers, ex-directeur de la rédaction du FT, n'avait pas réussi à renforcer le marché britannique qu'il a été récemment écarté ? S'agit-il de « différends stratégiques » ?

O.F. On a utilisé cette expression parce qu'elle était pratique, mais on ne souhaite pas faire de commentaires plus détaillés. Il y avait d'autres dysfonctionnements.

Après trois années difficiles, le FT devrait atteindre l'équilibre fin 2005. Qu'avez-vous fait ?

O.F. Deux choses. D'une part, on a restructuré l'ensemble des opérations du FT, de manière à n'avoir qu'une seule entreprise, et non plus cinq sociétés comme il y a trois ans. D'autre part, nous avons développé de nouveaux produits et suppléments, ce qui nous a permis d'enregistrer une hausse de nos recettes publicitaires de 6 %.

Aujourd'hui, qui sont vos principaux annonceurs ?

O.F. Le secteur industriel, et surtout les pétroliers, ont beaucoup communiqué dans nos pages, de même que les banques. Le secteur high-tech, lui, n'a pas été aussi dynamique que ce que l'on escomptait. Par ailleurs, il y a eu plus de fusions et acquisitions, que nous avons relayées.

La vente du quotidien est donc écartée...

O.F. Il peut toujours y avoir des rumeurs, notamment de la part d'investisseurs qui disent que Pearson devrait se concentrer sur son activité édition et son pôle éducation. Mais la pression sera d'autant moins grande que le journal se portera bien.

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