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Roularta fait son groupe Express

01/12/2005

Déjà propriétaire de Studio magazine et d'À Nous Paris, le groupe belge prend une minorité de blocage dans L'Express et s'offre Point de vue.

Nous commencions à désespérer, et la situation s'est enfin débloquée. » La persévérance a donc payé pour Rik de Nolf. Le patron de Roularta Media Group (RMG) a fini par annoncer, le 21 novembre, en marge de la présentation des résultats trimestriels du groupe belge, puis par communiqué officiel deux jours plus tard, qu'il se portait acquéreur de 35 % du groupe L'Express-L'Expansion (environ 160 milions d'euros de chiffre d'affaires), propriété de Serge Dassault. Au même moment, il a mis lamain sur l'hebdomadaire Point de vue (lire l'encadré). De quoi laisser penser à une offensive-éclair de RMG sur la presse de l'Hexagone. Simple question de ­timing, explique Rik de Nolf : « Les deux dossiers étaient en cours depuis longtemps : les négociations ont simplement abouti la même semaine. »

Un « rêve » devenu réalité

Au printemps dernier, un rachat de L'Express par Roularta était déjà sur toutes les lèvres : une opération avortée, a expliqué Rik de Nolf au quotidien belge Le Soir, en raison du veto de l'Élysée, qui souhaitait que l'hebdomadaire reste dans le giron français à la veille du référendum sur la constitution européenne. Sur ces éventuels freins politiques, le patron de Roularta se fait aujourd'hui évasif : « Ce type de négociations se prête toujours à toutes sortes d'interprétations. » Si la situation s'est débloquée, c'est, selon lui, grâce « aux bonnes relations que RMG a maintenu avec le groupe Dassault ».

Le patron de ce groupe fondé il y a trente-trois ans par son père ne cache en tout cas pas sa joie : avec l'acquisition de 35 % de L'Express, il réalise « un rêve ». « Lorsque nous avons lancé Knack, un magazine d'information néerlandophone, il y a trente ans, nous avons visité L'Express, qui était notre référence », raconte-t-il. Dès lors, RMG n'aura de cesse d'unir sa destinée à celle du news magazine français. En concluant dès 1985, par exemple, un accord avec Jimmy Goldsmith, alors propriétaire de L'Express, pour le fusionner avec Le Vif, un hebdomadaire d'informations générales lancé deux ans plus tôt par Roularta.

Depuis, RMG avait posé d'autres jalons dans le groupe L'Express-L'Expansion, en s'associant à parité dans les titres Maison magazine, Maison française, Côté Sud, Côté Ouest et Côté Est. Et en a profité, précise Rik de Nolf, pour « nouer des relations extrêmement cordiales » avec Denis Jeambar, président du directoire et directeur de la rédaction de L'Express. Voilà qui devrait consolider la position de ce dernier, que l'on disait, ces temps-ci, fragilisée au sein de l'hebdomadaire. D'autant plus que Roularta a annoncé son intention de racheter, après la présidentielle de 2007 en France, l'intégralité du groupe L'Express-L'Expansion. Un accord oral aurait été passé. Ce qui permettrait à Dassault de se concentrer sur Le Figaro.

Simplicité et respect

Où s'arrêtera le groupe belge ? Basé dans la ville de Roulers, en Flandre-Occidentale, il possède déjà, en France, des titres spécialisés, comme Studio magazine. Il est par ailleurs actionnaire à 84,5 % d'À Nous Paris, dont il souhaite décliner le concept à toutes les grandes villes de l'Hexagone. « De par sa position transfrontalière, Roularta considère la France comme un marché naturel », remarque Pierre-François Lowens, journaliste au service médias de La Libre Belgique. Ce dernier définit par ailleurs le patron de Roularta comme « fidèle à la réputation des patrons flamands : quelqu'un d'assez pragmatique, simple et accessible, qui ne joue pas les stars et ne pratique pas la langue de bois ».

Lentement mais sûrement, Rik de Nolf a bâti outre-Quiévrain un empire de presse coté en Bourse, qui réalise 500 millions d'euros de chiffre d'affaires et n'a aucun endettement. En plus de nombreux titres de presse gratuits ou payants (Knack, Trends, etc.), il ­détient 50 % de la chaîne privée flamande VTM et de Kanaal Z, une chaîne à vocation économique. Il possède aussi sa propre régie publicitaire, Roularta Media. Sa stratégie ? Tout aussi simple que, semble-t-il, la personnalité de ce patron de presse : « S'adresser aux grand public de manière respectueuse. Sans aller sur le secteur de la presse quotidienne, qui n'est pas notre métier. »

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