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Le reportage, parent pauvre des ondes

01/12/2005

Entre la mode du « talk » en studio et le manque de moyens, les reportages se raréfient à la radio.

Nagra à la taille et micro à bout de bras, les reporters radio courent le monde à la recherche de ces sons qui deviennent couleurs, odeurs, images. Une course vaine ? Les émissions de reportage sont réduites à la portion congrue sur les ondes. Ni Europe 1 ni RTL n'en ont programmé cette année. « Manque de moyens », dit-on rue Bayard. À Europe 1, on préfère « augmenter la dose de reportages tout au long de la journée sur l'ensemble de la grille ». Seules les radios publiques persistent et signent. L'émission Interception, sur France Inter, a fêté sa 300e, le 27 novembre. « C'est le dernier bastion, dans le service public, où le son a autant de sens que les mots qui l'accompagnent », souligne Fabienne Sintes, l'une des reporters de la rédaction, qui déplore que la direction ait une vision de plus en plus « comptable » du reportage. Geneviève Goëtzinger, directrice de la rédaction de France Inter, souligne que le budget est à peu près inchangé d'une année sur l'autre, mais « une grosse partie est allouée à Interception ».

À la Maison Ronde, on n'a pas oublié les mots du président, Jean-Paul Cluzel, à la mi-juin, devant la Société des journalistes : « Mieux vaut rester au bureau, lire un bon rapport, connaître un dossier, mener des investigations sur Internet que courir micro à la main à la Courneuve. » Un discours qui, associé à la rigueur budgétaire ambiante, aurait pu rebuter les reporters de la maison. Caroline Cartier livre pourtant chaque matin un instantané de la vie des Français sur France Inter. Julien Cernobori et Aurélie Sfez, eux, ont proposé l'émission Village People, carte postale sonore des villages de France. « On a failli ne pas présenter notre projet car on pensait qu'il serait recalé à cause de son coût, explique Julien Cernobori. Mais nous voulions aussi donner la parole aux " vrais gens " que l'on n'entend jamais sur les ondes. » L'émission a fait un carton l'été ­dernier.

Parole unique et bavardages

Le reportage de terrain a une particularité : il est chronophage. Le journaliste doit se déplacer, mixer, monter et mettre en ondes. Un travail éreintant, peu rémunéré, qui pousse aussi à la facilité. « Plutôt que de tendre notre micro au quidam, on va choisir les bons " clients " qui savent bien s'exprimer », regrette l'un d'eux. Et ce, au risque de diffuser une « parole unique ». Olivier Geay, grand reporter à RTL, est pour sa part ­frustré. Pour lui, la raréfaction du reportage s'expliquerait par « un phénomène de mode ». « Les radios sont de plus en plus bavardes, avec des " talks ", les interventions des auditeurs... », dit-il. À preuve, la suppression, il y a quelques mois, du module reportage À vif au profit d'une chronique consommation. « On essaie de mettre autant de reportage que l'on peut, à condition de captiver l'auditeur », se défend Philippe Chaffanjon, directeur adjoint de la rédaction.

Jean-Pierre Elkabbach, arrivé à la tête d'Europe 1 en avril, a augmenté le nombre de reporters - une cinquantaine, en comptant les correspondants en province et à l'étranger - et leurs déplacements. « On essaie de mettre du reportage partout, dans les journaux comme dans les émissions, et de varier les formats », assure Jérôme Dorville, directeur adjoint de la rédaction. Marie Peyraube, arrivée il y a trois ans rue François 1er, a noté la différence : « Aujourd'hui, on a davantage de place pour les ambiances. » Comme le disait Jérôme Bellay, ancien patron d'Europe 1, une bonne rédaction est un lieu où tout le monde est dehors...

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