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La presse people victime des ragots

15/12/2005

Le lancement de Closer, en juin 2005, a mis le feu à la presse people. Pendant trois mois, un site Web a même recensé les faits et gestes des journalistes du milieu. Les rédacteurs de la presse people sont-ils des people comme les autres ?

Mine de rien, Marie Ottavi enquête. Ce jeudi 17 novembre, cette journaliste de l'hebdomadaire people Closer se fraie un chemin parmi les personnes se trouvant à l'Adresse 3G de la place Vendôme, à Paris. À la recherche d'infos, elle interroge quelques connaissances : un photographe free-lance bien informé (« J'étais au téléphone avec Voici tout à l'heure, regarde, c'est marqué sur le portable »), un chroniqueur « nuits » qui ne dira rien... Mais lorsque l'on est responsable de la collecte d'informations pour un titre qui se vend à 460 000 exemplaires chaque semaine (source éditeur), on n'abandonne pas si facilement. Le but de cette singulière « enquête » menée une coupe de champagne à la main ? En savoir plus sur ceux qui alimentaient le site Internet Paris Potins&Ragots en infos et intox...

Si le site, fermé le 10 novembre, après trois mois d'existence, a suscité l'ire des journalistes de la presse people, c'est qu'ils y étaient traités avec la même impertinence qu'ils réservent aux stars. Le fil de discussion « presse people » (à ne pas confondre avec les « people partouzeurs ») avait ses vedettes : Hedi Dahmani, rédacteur en chef de Voici, et Laurence Pieau, sa consoeur de Closer, sans oublier les stars montantes de la presse du lundi que sont Stéphane Bouchet, l'ex-fouineur de la page TV du Parisien, devenu chef des infos à Voici après un passage éclair à Closer, ou Marie Ottavi, elle aussi ancienne du Parisien. En deux clics, on accédait aux bruits de couloirs des deux rédactions, les autres titres people (Public, Ici Paris, etc.) intéressant nettement moins ces internautes. Coucheries, inimitiés professionnelles, vannes douteuses, tout y est passé !

Avec, pour toile de fond, la gué-guerre que se livrent Voici (Prisma Presse) et Closer (Emap), lancé en juin à grand renfort de promotion (Emap a investi 13 millions d'euros dans son nouveau bébé). « L'été et le début de l'automne ont été féroces », reconnaît un journaliste. Outre la guerre des prix, retombée depuis, que se sont menée les deux titres, on a pu assister à divers coups bas et autres ratages mémorables. Car le climat de surenchère s'est traduit par quelques unes chocs qui se sont révélées... coûteuses. Closer en a fait les frais, qui annonçait en juin la « séparation » d'Yvan Attal et de Charlotte Gainsbourg : le couple a assigné le titre en justice, lui réclamant chacun 40 000 euros... Depuis, le magazine se fait plus consensuel. Après un été marqué par le feuilleton Marquay-Pernaut, il préfère mettre en couverture une interview-vérité avec Magalie, de la Star Ac'.

Derrière les unes, la bataille continue dans les rédactions. Car les bons journalistes people qui allient épais carnet d'adresses, bonnes relations avec les paparazzi, ténacité et attrait pour ce type de presse sont une denrée rare. Pour se réserver les meilleurs, tous les coups sont permis. « Lorsque Stéphane Bouchet a été débauché de Closer pour aller chez Voici, cela a été un coup dur pour Pieau et son équipe, poursuit notre journaliste. « Un mois après son embauche, il partait pour la concurrence avec tous les secrets de fabrication du magazine d'Emap. »

D'autres petites barbouzeries entre - anciens - amis suivront, parfois liées au fait que le bouclage de Closer a lieu le jeudi après-midi et celui de Voici le jeudi soir, les deux titres paraissant le lundi. Ne demandez surtout pas à un salarié de Closer quelle sera la prochaine une du magazine avant le vendredi matin ! Grâce à ce bouclage un rien plus tardif, Voici a pu obtenir quelques scoops au nez et à la barbe de son rival. On raconte ainsi que Christophe Dechavanne a appelé la rédactrice en chef de Closer pour la convaincre de faire sauter la une le concernant à la toute dernière minute. Elle a accepté mais, quatre jours plus tard, l'animateur était en couverture de Voici ! Coup monté ? Chut... !

Avec une telle frénésie éditoriale, on comprend mieux le succès d'un site narrant les coulisses de ce business. Avant de s'arrêter, Paris Ragots&Potins recevait, selon ses animateurs, une moyenne de 3 000 visiteurs uniques par jour (avec des pics à 7 000 juste avant la fin). Trois semaines après la fermeture du site, Laurence Pieau, qui en a pourtant vu d'autres après huit ans à Voici et le lancement de Public, était toujours aussi remontée contre ses auteurs anonymes : « Il s'agissait quand même de propos extrêmement désobligeants, diffamatoires. » Le dénommé « Carl de Canada », fondateur de ­mixbeat.­com, le site qui hébergeait cet aimant à ragots, ne craint pas les poursuites judiciaires car son site serait domicilié en Grande-Bretagne. « Le problème avec le fil d'infos presse people, c'est qu'on voyait bien qu'il s'agissait, pour la plupart, de gens du milieu qui se balançaient les uns les autres », raconte « Carl ». Pis, le tout était répertorié sur Google et consultable par tout contact professionnel un peu curieux. « On m'a rapporté que Hedi Dahmani était furieux suite à certains des articles le concernant. Franchement, je m'attendais à des complaintes de partout, sauf de Voici ! », conclut notre homme, échaudé. Moralité ? Le site a fini par fermer suite à « des appels anonymes, des menaces voilées ».

«L'arroseur arrosé », titrait Marianne il y a peu, en glosant sur le cas Frédéric Beigbeder. L'écrivain vient de quitter Voici après neuf ans de collaboration (dont sept en tant que critique littéraire). Son grief ? Les deux « paparazzades » dont il a été l'objet en 2005. Il n'aurait pas supporté que son employeur - qui le rémunérait 2 000 euros par critique hebdomadaire - publie des photos volées de sa fille. Le magazine perd donc sa caution intello et « Beig'» la possibilité de dire du mal des livres de Christine Orban dans la presse écrite. Un dernier ragot ? Après la démission très médiatisée de Beigbeder et la plainte qu'il a déposée contre son ancien employeur, Dahmani - c'est une source de chez Voici qui nous le dit - aurait tenté de le faire changer d'avis en lui proposant une garantie, écrite, assurant qu'il ne serait plus « paparazzé » dans le magazine. En vain. Donnons donc le dernier mot à Beigbeder : « Le problème quand on travaille pour la presse people, c'est qu'il ne faut surtout pas en devenir un. » Compris, Hedi, Stéphane, Laurence et Marie ?

http://love.mixbeat.com/forums/index.php

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