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Lancelot, le rapport qui sied aux groupes

26/01/2006 - par Amaury de Rochegonde

La commission Lancelot préconise un assouplissement réglementaire qui permettrait aux conglomérats de se développer dans les médias.

Bouygues aura-t-il demain la possibilité de monter à 100 % dans TF1, d'acheter un grand réseau radiophonique national et de prendre le contrôle de 20 % de la diffusion totale des publications d'information politique et générales, qu'elles soient payantes ou gratuites ? C'est en tout cas ce que préconise le rapport d'Alain Lancelot, transmis la semaine dernière au Premier ministre. À travers la règle des « trois tiers/deux tiers/un tiers », il ouvre un boulevard au développement des grands groupes médias.

À la limite capitalistique actuelle de 49 % d'une chaîne hertzienne nationale, la commission Lancelot propose de substituer un seuil maximal d'audience pour la télévision : 37,5 %. Et demande d'en finir avec la règle qui interdit d'être présent de façon significative dans plus de deux médias sur trois (presse écrite, radio, TV) pour permettre aux groupes de doser leur développement dans d'autres médias. Une chaîne de télévision qui atteint les trois tiers du plafond anticoncentration (entre 25 % et 37,5 % d'audience) pourrait ainsi monter aux deux tiers de celui de la presse (fixé à 30 % de la diffusion) et au tiers de celui de la radio (une population desservie de 150 millions d'habitants maximum).

À l'étude jusqu'en avril

Concernant les situations de double monopole en région, sur la presse et la télévision, la commission propose une mesure limitative : qu'un même opérateur ne puisse avoir une part d'audience supérieure à 50 % sur le marché de la presse écrite et sur celui de la télévision locale. Elle recommande aussi de mettre fin au cumul des autorisations qui permet à une chaîne nationale, depuis 2004, d'avoir 33 % d'une télévision locale.

Soumis à une vaste consultation jusqu'en avril, le rapport Lancelot montre au moins autant le souci de « constituer des entreprises plurimédias puissantes » que de défendre le pluralisme. Le SNJ regrette une faible protection du droit des rédactions par rapport à celui de l'actionnaire. La Fédération nationale des magazines régionaux déplore que « la réalité régionale ne soit absolument pas prise en compte ». Quant au SNJ-CGT, il estime que « le gouvernement pourra s'appuyer sur ce rapport pour permettre à Lagardère, par exemple, de se déployer dans la télévision ». Avant la présentation d'une nouvelle loi sur la communication, annoncée par ­Jacques Chirac pour septembre, le dossier sera étudié à Matignon par Hervé Digne, conseiller de Dominique de Villepin... et ancien dirigeant d'Hachette.

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