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L'image troublée de France Télévisions

02/02/2006 - par Amaury de Rochegonde

Avec l'audit récemment réalisé, Thierry Bert, directeur général en charge des finances du groupe public, met sur la table les difficultés qui attendent son président, Patrick de Carolis. D'où l'urgence d'une relance des programmes....

Deux points positifs pour neuf préoccupants : c'est ce qui ressort de l'audit mené par Thierry Bert, inspecteur des finances nommé l'été dernier à la direction générale de France Télévisions. Se présentant comme un « état des lieux interne », ce rapport, qui a été rendu public le 25 janvier dernier, pointe les motifs d'inquiétude que suscite le groupe public aux yeux de son président, Patrick de Carolis. Une façon pour ce dernier d'alourdir au maximum le navire tout en montrant du doigt un cap relativement incertain : « le virage éditorial et stratégique ». S'il faut attendre les deux dernières pages du rapport pour lire quelques amabilités sur le résultat d'exploitation, le dés-endettement ou les effets bénéfiques des synergies sur les frais généraux, le reste de l'audit ressemble surtout à un inventaire à la Prévert des principaux points noirs touchant le groupe audiovisuel public.

Sérieuses déconvenues

Premier de ceux-ci, le déclin indéniable des audiences. Entre les années 2000 et 2005, celle du groupe France Télévisions est passée de 40,7 % à 37,9 %. Ce sont principalement les chaînes France 2, avec - 2,3 points, et France 3 (- 1,9 point) qui sont concernées. Parallèlement, le coût de la grille du groupe a progressé de 21 %. L'audit pointe notamment les déconvenues du plan Horizon 2008 de France 3, qui devait créer huit télévisions régionales en vue de la télévision numérique terrestre (TNT). Résultat, le coût des grilles régionales de cette chaîne a augmenté de 4 % entre 2004 et 2005 alors que la part de marché, elle, baissait du même niveau. De plus, France 3 a pu constater une « augmentation massive » du coût de son information nationale, sans mutualisation « réelle » avec la rédaction de France 2.

Du côté des ressources humaines, le bilan n'est guère plus flatteur. France Télévisions compte désormais 11 011 salariés depuis l'intégration de RFO (réseau France outre-mer), à la « situation financière très dégradée » (25 millions d'euros de pertes cumulées en huit ans). Sur l'ensemble du groupe, une augmentation des effectifs, sans gains de productivité, est déplorée, avec un déséquilibre, notamment dans la filière production, qui compte 470 salariés. L'audit déplore un manque de flexibilité dans les ressources humaines et un surcoût de charges fixes. Tout en mentionnant un « effort considérable de formation professionnelle » à France Télévisions (5,74 % de la masse salariale, soit quatre fois l'obligation légale), l'audit s'interroge sur le travail des journalistes : il fait observer que les synergies sont « embryonnaires » en dehors d'Internet et du service des sports, et appelle à une réflexion « incontournable » dans un contexte hyperconcurrentiel.

Bonnes recettes publicitaires

Enfin, le rapport dirigé par Thierry Bert s'inquiète de possibles difficultés d'approvisionnement de programmes de stock et revient sur les contrats des animateurs-producteurs, qui représentaient un chiffre d'affaires de 77 millions d'euros en 2000-2001, de 146 millions en 2004-2005 avant de retomber à 124 millions d'euros cette saison, avec le même nombre de contrats (14).

Heureusement, le groupe peut compter sur un afflux de recettes publicitaires entre 2001 et 2005 (+4,7% par année), afflux lié aux performances de sa régie dans un contexte de réduction du temps de publicité de 12 à 8 minutes par heure.

Qu'en est-il pour demain ? Thierry Bert a lâché le morceau le 27 janvier sur Europe 1 : « Nous souhaitons que la publicité soit modifiée. Pas forcément de huit à dix minutes, mais il faut que nous ayons la liberté de faire un peu plus de publicité, ou de la publicité un peu autrement. » Une idée qui, si elle était retenue par le gouvernement, pourrait générer entre 75 et 90 millions d'euros supplémentaires, selon MPG, dans un contexte d'ouverture de la grande distribution à la télévision hertzienne en 2007. Pour la régie de France Télévisions, l'important est pourtant ailleurs : « Pour nous qui nous positionnons sur la qualité de l'espace, ce n'est pas un problème de vendre des programmes populaires de qualité. Mais il faut retrouver une structure d'audience plus jeune. »

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