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Emap France lâchée par sa maison mère anglaise

02/03/2006 - par Delphine Le Goff

Le groupe de presse britannique Emap a annoncé, mardi 28 février, la mise en vente de sa filiale française, dont on ne sait si elle sera démantelée ou conservée en l'état.

Too many mouths to feed » (« Trop de bouches à nourrir »). C'est par ce raccourci lapidaire qu'Emap PLC a résumé sa décision de mettre en vente sa filiale française. Prononcée lors d'un conseil d'actionnaires réuni à Londres le 23 février, la formule a été reprise par Arnaud de Puyfontaine, PDG d'Emap France, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire le mardi 28 février. Explication officielle : Emap PLC, qui constate une chute de 20 % de ses recettes sur son activité radio, l'un de ses fers de lance en Grande-Bretagne, aurait décidé de se recentrer sur ses activités « domestiques ». Hormis Emap France, le groupe ne dispose en effet d'aucune autre filiale en Europe. Arnaud de Puyfontaine explique lui-même dans une note interne qu'Emap PLC veut effectuer « la migration de ses activités sur de nouvelles plates-formes numériques ».

La filiale française, créée en 1994 sur les bases du rachat des Éditions ­Mondiales et de magazines de l'ex-­empire Hersant, sera donc vendue au plus offrant. Citigroup et BNP Paribas sont les conseils d'Emap PLC dans cette opération, qui intervient à un ­moment où le groupe anglais estime pouvoir valoriser sa filiale au maximum. Avec ses fleurons Auto plus, FHM et Télé star, la mariée ne manque pas d'attraits. « Si nous avons soutenu la croissance de cette activité, nous nous préparons aujourd'hui à en retirer les bénéfices », a déclaré Tom Moloney, PDG d'Emap PLC. Le timing est bon : Emap Régie vient de se réorganiser, la structure de développement interactif EMW se redéploie et le lancement, courant 2005, du magazine people Closer est considéré comme un succès.

C'est pourtant un tout autre discours que tenait Emap PLC en novembre dernier, démentant alors vouloir se séparer de ses activités en France. Le groupe britannique venait d'annoncer un bénéfice semestriel avant impôts stable, à 112 millions d'euros, et un chiffre d'affaires sur la période en hausse de 6 %, à 818,5 millions d'euros. Seule ombre au tableau : un recul de 5 % du résultat d'exploitation, à 122,5 millions d'euros, imputé aux difficultés de la branche française. Celle-ci avait en effet vu son résultat opérationnel divisé par deux en raison de la concurrence des quinzomadaires sur le marché de la presse TV, du coût de lancement de Closer (13 millions d'euros) et de la relance de Télé poche (8,4 millions d'euros). On peut aussi imaginer que les Anglais ont été refroidis par les coûts de distribution français, jugés excessifs pour Emap France : la filiale a dégagé un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros bruts en 2004-2005, qui, une fois déduits les coûts NMPP (Nouvelles Messageries de la presse parisienne), tombe à 441 millions d'euros.

Prix de vente révélé le 28 mars

Dans les couloirs d'Emap France, l'inquiétude est palpable. « On se prépare à plusieurs mois d'incertitudes », déplore un délégué syndical. Le processus de vente devrait en effet être finalisé entre juin et septembre. Parmi les hypothèses envisagées, le rachat du groupe par Lagardère est souvent évoqué, mais la fusion du premier et du troisième groupe de presse français pourrait créer un problème de concurrence. Interrogé par Stratégies, Gérald de Roquemaurel, PDG d'HFM, s'est refusé à tout commentaire. « On se livre à toutes sortes de spéculations en essayant de repérer les groupes qui ont de l'argent », complète le représentant syndical. « Cela peut être un groupe scandinave, l'espagnol Prisa... »

Et pourquoi pas un groupe allemand, tels Axel Springer, Bauer ou Gruner + Jahr... Autre possibilité : le rachat par les dirigeants, Arnaud de Puyfontaine en tête, associés à un fonds d'investissement. « Ce n'est qu'un des scénarios possibles », insiste-t-on de source proche du dossier. Arnaud de Puyfontaine s'est en tout cas déclaré opposé à une cession par appartements. Celle-ci reste néanmoins une éventualité : n'évoque-t-on pas l'intérêt du belge Roularta pour la branche Emap Femme ? Rumeur démentie par le PDG de Roularta, Rik de Nolf. Mais, chez les salariés, on craint surtout la reprise par un fonds d'investissement. « On connaît le caractère prédateur de leur activité, estime un salarié. On préfère être racheté par un groupe de presse que par Carlyle ! » Prochaine étape le 28 mars, date à laquelle Emap PLC communiquera son prix avant négociations.

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