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Allers simples

09/03/2006 - par Delphine Le Goff

Le magazine des Français à l'étranger s'adresse bien sûr aux expatriés, mais aussi à ceux qui veulent tenter leur chance hors de l'Hexagone. Dans les médias, il y a beaucoup d'appelés et bien peu d'élus.

Olivier Gerolami a longtemps commencé ses journées dès potron-minet. À 7 h 30 : arrivée au bureau, pour deux heures de cours d'italien, tous les jours, pendant plusieurs années. C'était en 1999, et l'ancien énarque avait été dépêché par le groupe Canal + pour redresser sa filiale en faillite Telepiù. Au bout de quatre ans, Olivier Gerolami parle couramment la langue de Dante et a remis en ordre la société, bientôt revendue à un prix plus qu'intéressant pour Vivendi. Revenu en France, il est en charge de la TNT pour France Télévisions, mais ne tarde pas à boucler à nouveau ses valises. « J'ai reçu une proposition de NBC-Universal, qui recherchait un Européen, raconte-t-il. J'ai sauté dans un avion pour New York et me suis retrouvé dans la tour General Motors, face au management de NBC. Une poignée de main plus tard, j'étais à Londres »...

Le directeur délégué de NBC-Universal Europe fait partie de l'élite des lecteurs du magazine Vivre à l'étranger. Ce dernier, qui fête son 100e numéro avec un « Top 100 des francophones », est par ailleurs partenaire du Sénat, qui organisait le 4 mars dernier un débat ayant pour thème « Les Français qui réussissent à l'étranger ». Justement, qui sont-ils, ces compatriotes migrateurs ? « On les trouve traditionnellement dans les métiers de bouche , explique Jean-Pierre Pont, directeur de la rédaction. Mais aussi dans le BTP, les technologies de l'information et les professions médicales. » Beaucoup moins dans les médias, semble-t-il. La barrière de la langue est un premier frein, car, pour travailler dans le journalisme, il faut parfaitement maîtriser une langue , estime Jean-Pierre Pont. De plus, ce sont des secteurs particulièrement bien servis, où l'on n'a pas vraiment besoin d'aller recruter à l'étranger... »

L'internationalisation gomme les disparités

La très photogénique Cynthia Howlett-Martin, présentatrice vedette de la chaîne brésilienne TV Globo, fait partie des personnalités ayant particulièrement bien réussi. « La participation étrangère reste assez exceptionnelle au Brésil, hormis quelques Français dans des programmes gastronomiques », explique la jeune Franco-brésilienne. Mais l'internationalisation des programmes peut gommer les disparités nationales. Clément Schwebig en sait quelque chose : directeur général de RTL Televizija à Zagreb (Croatie), il a installé la chaîne, sans parler le serbo-croate et sans connaître la culture locale. « Il y a encore dix ans, cela n'aurait pas été possible : mais les concepts s'exportent tellement que la première chose que j'ai lancée, c'est un Loft Story croate », raconte-t-il. D'autres, comme Olivier Fleurot, PDG de Financial Times Publishing Group, à Londres, racontent plutôt de manière cocasse leur découverte des différences culturelles : « En France, lorsqu'on dit : « Il faudra qu'on étudie ce point », rien ne bouge. En Grande-Bretagne, deux jours plus tard, on a un mémo sur son bureau ! » Lorsqu'il s'agit du microcosme français, nos expatriés ont la dent dure : « Les éditeurs français n'ont pas une approche assez pragmatique , estime Olivier Fleurot. Les journaux français sont conçus comme des outils politiques, alors qu'en Grande-Bretagne, ce sont des entreprises. » Même sévérité pour Olivier Gerolami : « Le monde des médias français est autocentré : lorsque je suis rentré d'Italie, on ne m'interrogeait jamais sur Telepiù. Comme si j'avais pris quatre années sabbatiques... »

Pas trop le mal du pays pour ces expatriés, donc. Mais si leur itinéraire fait rêver, Jean-Pierre Pont, du magazine des Français à l'étranger, calme les ardeurs de ses lecteurs : « Si notre journal dit une chose, c'est que lorsque l'on prépare son départ, il faut déjà réfléchir à son retour... »

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