Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Jacqueline Aglietta, PDG de Médiamétrie

« Médiamétrie n'a jamais cessé d'innover »

13/04/2006

La PDG de Médiamétrie répondaux critiques qui lui sont adressées depuis quelques semaines.

Peut-on parler de crise à Médiamétrie ?

Jacqueline Aglietta. Non. S'il y a une interrogation sur Médiamétrie, elle nous donne une occasion de rassurer les ­annonceurs sur la qualité, la rigueur et la fiabilité de notre travail. Jamais la mesure d'audience n'a été aussi précise, complète et performante. Sans doute avons-nous péché par modestie et manque de communication. Mais, contrairement à ce qui est dit, Médiamétrie est très en avance et a beaucoup anticipé.

Comment interprétez-vous, alors, les critiques de France Télévisions, notamment sur le manque de transparence du Médiamat ?

J.A. Je ne comprends pas bien ces critiques, d'où qu'elles viennent. En France, le système de mesure d'audience de la télévision est contrôlé en permanence par le Centre d'étude des supports de publicité et il n'y a ­jamais eu de critique de sa part sur ce sujet. La méthodologie est établie avec la profession. Elle répond à tous les critères techniques et de représentativité. Il faut bien comprendre que nous proposons, mais que c'est le marché qui décide, via les différents comités.

Vous n'avez pas répondu à la question...

J.A. J'y viens ! Le contexte, économique notamment, est difficile. L'arrivée des nouvelles technologies, l'effacement des frontières entre les médias, l'apparition de nouveaux entrants, la concentration des groupes, par exemple, provoquent des bouleversements. L'offre de programmes est de plus en plus vaste. Ce contexte rend les acteurs très nerveux et certains oublient l'intérêt général au profit d'intérêts particuliers, voire privés. C'est cette période instable qui explique que l'on critique le thermomètre.

Médiamétrie n'est-il pas en retard par rapport à ces évolutions technologiques ?

J.A. C'est totalement injuste. ­Médiamétrie n'a jamais cessé d'innover. Dès novembre 2004, nous avons anticipé ces bouleversements en lançant deux études : un observatoire de l'équipement des foyers avec GfK, et Le Temps des médias, sur les usages médias des Français. Techniquement, le système a évolué en prenant en compte, par exemple, les écrans plats et les adaptateurs TNT. Mais c'est le marché qui décide des conventions. Si l'audience dans les résidences secondaires n'est pas calculée, c'est parce qu'il en a décidé ainsi. C'est à lui de dire ce qu'il convient de mesurer et ce qu'il est prêt à financer.

La mesure d'audience de la TNT a-t-elle été l'élément déclencheur des polémiques actuelles ?

J.A. Oui, sans doute. Certains se sont empressés de communiquer des résultats en dehors des règles jusqu'ici définies et acceptées par tous. Depuis, la situation est réglée. En partie grâce à l'arrivée de deux représentants des chaînes de la TNT au sein du comité Audimétrie. Des règles concernant la communication ont été adoptées.

Dans une interview au Figaro, Bertrand de Lestapis, président de MPG, a été très critique vis-à-vis de Médiamétrie. Comment analysez-vous ses propos ?

J.A. Il ne faut pas les voir comme une critique. Bertrand de Lestapis avait sans doute un message à faire passer. Il ne connaît pas forcément tout ce qui est en préparation chez Médiamétrie. Il a comme nous le souhait d'une ­mesure d'audience encore plus forte pour demain. Mais il pose une vraie question, celle du financement de la mesure d'audience. Pour lui, ce n'est plus aux agences médias de payer. Elles paient 20 %, mais ont autant de pouvoir dans toutes les décisions que les médias. Si demain elles ne financent plus, cela reposera la question de l'équilibre des pouvoirs.

Votre étude d'audience sur la TNT montre que les téléspectateurs regardent la télévision 24 minutes de plus. De même, les nouveaux supports ajoutent de la consommation médias sans rien retrancher, en préservant les équilibres des chaînes historiques. Comment l'expliquez-vous ?

J.A. Il n'y a aucune raison pour que ces nouveaux supports retranchent du temps d'écoute. Le temps disponible des gens s'accroît, les programmes sont attractifs et si les foyers achètent des adaptateurs, c'est pour s'en servir. De plus, les gens font plusieurs choses en même temps, comme lire et regarder le petit écran, ou être sur Internet. Il y a donc une écoute combinée de différents médias. Quant aux chaînes historiques, leur offre reste de haut niveau et n'entraîne pas de désaffection.

Podcasts, vidéo à la demande... Médiamétrie est-il capable de mesurer l'audience de ces nouveaux médias ?

J.A. Nous suivons ces nouveaux usages. On en parle en comité Internet, et ceci dès leur apparition. Il y a un temps nécessaire pour que le public s'équipe et s'en serve. À ce moment-là, nous serons prêts pour mesurer ces nouvelles audiences. Car, économiquement, faire autrement ne serait pas rationnel.

Pensez-vous qu'il existe un complot contre vous ?

J.A. [Silence] Je me suis demandée s'il s'agissait d'une attaque personnelle. Franchement, je n'en vois pas la cause. Je souhaite continuer à développer ­Médiamétrie dans cette période complexe. Je suis, en tout cas, candidate à ma succession. Je viens d'avoir soixante-quatre ans, on peut me le ­reprocher...

Envoyer par mail un article

« Médiamétrie n'a jamais cessé d'innover »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.