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TV Vendée, télé-Villiers ?

04/05/2006 - par Muriel Signouret

Le CSA a auditionné le 26 avril six candidats à une télévision locale vendéenne. Parmi ceux-ci, l'un est soutenu par les socialistes, l'autre par Philippe de Villiers.

Depuis la loi du 9 juillet 2004, les collectivités locales sont habilitées à « éditer un service de télévision destiné aux informations sur la vie locale ». Cela n'a pas échappé à Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, qui tente actuellement de prendre le contrôle audiovisuel de son département. Il est en effet l'un des premiers - avec la mairie de Rennes, sur un autre projet - à présenter un dossier de candidature pour une télévision locale via une société d'économie mixte, dont sa collectivité détient 80 % des parts. Le 26 avril, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a auditionné les différents candidats à six des huit fréquences hertziennes libérées en Vendée. Parmi les postulants, Vendée Images, la société d'économie mixte de l'édile.

« Il s'agit d'un dossier professionnel que nous traiterons comme tous les autres, assure Christian Dutoit, conseiller du CSA. Ce n'est pas le projet d'un parti ou d'une faction politique. Philippe de ­Villiers n'est d'ailleurs pas présent au conseil d'administration de Vendée Images. » Nul ne peut néanmoins ignorer que le conseil général de Vendée est présidé par le leader droitiste du Mouvement pour la France (MPF), candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2007. Son dernier livre, Les Mosquées de Roissy, qui dénonce « l'islamisation » de la France, est interprété par les observateurs ­politiques comme un produit d'appel à destination des électeurs du Front national.

Sa chaîne locale TV Vendée viendrait compléter un portefeuille médiatique déjà bien fourni. Philippe de Villiers bénéficie en effet de la bienveillance d'Alouette FM, la puissante radio régionale détenue par son frère Bertrand, également conseiller général MPF, et du quinzomadaire Le Journal de la Vendée, distribué gratuitement à 250 000exemplaires par le département. D'où la question du pluralisme posée par les adversaires du projet.

Comité éthique

Francis Becq, conseiller en charge du pluralisme et de la déontologie de l'information au CSA, n'a pas éludé le problème, le 26 avril, et a demandé à TV Vendée comment elle entendait traiter le sujet de l'immigration. Jean-Claude Forconi, le directeur de Vendée Images, a assuré devant les neuf sages que « l'indépendance de l'équipe et de la chaîne » serait garantie. Il en veut pour preuve le comité éthique mis en place ainsi que la part du financement départemental, qui passera de 80 % à 15 % en cinq ans. En attendant, Philippe de Villiers ne lésine pas sur les moyens. Le budget prévisionnel de la chaîne, si elle est retenue, s'élèvera à 2,7 millions d'euros par an.

L'affaire tourne à l'affrontement politique et financier en raison de la candidature concurrente de Canal 15, une « chaîne locale de service public », selon son directeur Patrice Lambert, soutenue par la mairie socialiste de LaRoche-sur-Yon. La chaîne, qui émet depuis 1992 sur le câble, bénéficie d'une certaine légitimité du fait de son antériorité. « Nous avons un taux de crédibilité de 90 % auprès de nos téléspectateurs, affirme Patrice Lambert. Nous ne faisons pas de politique et veillons à respecter les règles du pluralisme. » Seul bémol : 78 % de son budget annuel, qui s'élève à 550 000 euros, proviennent des subventions de la commune. « À terme, nous souhaiterions que notre budget, qui devrait atteindre 850 000 euros dans cinq ans, soit financé pour moitié par les recettes publicitaires », assure le directeur de Canal 15.

L'intérêt des annonceurs ne pourra naître que de l'élargissement du bassin de diffusion de cette chaîne locale, qui touche pour l'heure un tiers seulement des 120 000 habitants de l'agglomération de La Roche-sur-Yon. Mais Canal 15 n'a pas l'ambition de couvrir l'ensemble du département vendéen à l'instar de TV Vendée, qui cible 250 000téléspectateurs. La chaîne mise sur une diffusion très ­localisée, comme les quatre autres candidats associatifs (Télé 102, Vendée Littoral TV, Télé Sud Vendée et TVL).

TV Vendée ou Canal 15 ? Le CSA devra se prononcer, avant l'été, sur deux projets qui sont les plus crédibles et les plus professionnels, mais aussi les plus politisés.

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