
04/05/2006 - Le 4 mai, La Voix du Nord et Nord Éclair, les deux quotidiens du groupe Rossel, lancent une nouvelle formule marquée par l'abandon du grand format. Objectif : développer les ventes et rajeunir le lectorat.
Tout l'état-major est présent, ce 27 avril. Du directeur général, Jacques Hardoin, à son adjoint, Éric Leduc, en passant par les rédacteurs en chef de La Voix du Nord et de Nord Éclair, Jean-Michel Bretonnier et Jean-René Lore. Installés autour d'une grande table drapée de blanc, dans la salle voûtée du sixième étage du siège de La Voix du Nord, qui domine la Grand'Place de Lille, ils sont tous là pour présenter la nouvelle formule que les deux quotidiens régionaux du groupe belge Rossel arboreront jeudi 4 mai. « On est à J -7 », rappelle Jacques Hardoin, sur un ton où perce une légère tension, en commençant à 9 heures pétantes la conférence de presse. L'oreille tendue et l'oeil critique, la grosse vingtaine de journalistes présents tourne les pages des numéros tests exposés pour l'occasion.
La nouvelle formule des deux quotidiens passe par un changement de format. Exit le « broadsheet » (grand format) difficile à manier, surtout pour les jeunes Lillois, séduits par une presse gratuite tabloïd. Mais les nouvelles dimensions affichées par La Voix du Nord et Nord Éclair - 40 cm de hauteur, 27 de largeur - sont bien en deçà de leurs ambitions. Car, ici comme ailleurs, on attend de cette petite révolution graphique et éditoriale, concoctée depuis un an par Nata Rampazzo pour la forme et par une centaine de journalistes pour le contenu, la recette miracle pour gagner de nouveaux acheteurs.
Soirée de lancement avec David Guetta
Avec une diffusion en baisse de 1,57 % en 2005 pour La Voix du Nord (ses 24 éditions totalisent 292 855 exemplaires payés en France, selon l'OJD) et de 4,79 % pour Nord Éclair (31 578 exemplaires pour ses cinq éditions), il fallait bien prendre un virage radical sans toutefois faire fuir les fidèles. « On se doit de faire un journal pour tout le monde, même si c'est difficile », martèle Jean-Michel Bretonnier, la cinquantaine sanglée dans un costume sombre. Mais si la nouvelle formule pouvait séduire les jeunes, ce serait quand même mieux, l'âge moyen des lecteurs ayant encore augmenté en 2005 pour atteindre 52 ans. Pour ce faire, des informations synoptiques, qui correspondent à la culture du zapping propre aux 15-34 ans, des infographies et des allers et retours entre la version papier et son pendant Web. Sans compter la soirée de lancement, le 4 mai, sur la Grand'Place de la métropole lilloise, animée par le pape des nuits de Paris et d'Ibiza, David Guetta.
Tout en couleurs en 2010
Autres publics à convaincre : les annonceurs et les agences médias. Invités à découvrir en avant-première cette nouvelle formule le 12 avril dernier à l'hôtel Scribe de Paris, beaucoup avouent être séduits par ce format plus moderne et plus lisible. Seul bémol : le nombre de pages en quadrichromie n'a pas augmenté. La Voix du Nord n'en compte que 16 sur une moyenne de 60. Cela va changer, promet Jacques Hardoin : « Nous avons l'ambition de renouveler notre parc machines en 2009-2010 pour passer au tout-couleurs ». Il faudra d'ici là absorber les quelque 2,5 millions d'euros d'investissement que cette nouvelle formule aura nécessités. Dans un contexte de stagnation du marché publicitaire - les recettes ont plafonné à 60 millions d'euros en 2005 et ne semblent pas connaître de sursaut en ce début d'année -, le groupe Rossel, qui a racheté les quotidiens nordistes à Serge Dassault en août 2005, opte pour la prudence.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous