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Hard presse

01/06/2006 - par Delphine Le Goff

La victoire du groupe Lordi à l'Eurovision le montre : le hard rock continue de séduire. La presse spécialisée reste vivace, même si on est loin des diffusions d'antan.

Des ailes dans mon dos/Des cornes sur ma tête/Mes crochets sont acérés/Et mes yeux sont rouges/Maintenant, choisis de nous rejoindre/Ou va tout droit en enfer. » Diable ! C'est avec ces paroles grand-guignolesques et un show à l'avenant, pyrotechnie et costumes de monstres, que le groupe finlandais Lordi a remporté l'Eurovision, le 20 mai dernier, avec son titre Hard rock alléluia. Au grand dam de Michel Drucker, commentateur de l'événement, qui a failli en faire une attaque : « Je vais le faire écouter à ma chienne, elle va devenir dingue ! » Il va falloir prendre sur soi, Michel. Le hard rock est loin d'être mort. Le genre serait né sur l'album des Beatles Revolver, avec le titre Helter Skelter, avant d'exploser à la fin des années soixante-dix avec Led Zeppelin et Black Sabbath. En presse, les fidèles continuent à célébrer le culte via des titres comme Hard rock magazine (Divarius), Hard n'heavy (Cyber Press) ou encore Rock hard (indépendant). On est certes loin des années quatre-vingt, âge d'or des « métalleux » aux cheveux longs et au total look cuir écoutant AC/DC. « À l'époque, on était dans la provocation, surtout aux États-Unis : Tipper Gore, la femme d'Al Gore, avait lancé une croisade contre les musiques dites déviantes, dont le "métal ". Les fans rivalisaient alors de simagrées, mimant les cornes du diable, tirant la langue... », raconte Guillaume B. Decherf, corédacteur en chef de Hard rock magazine, qui vient de changer de formule.

Des lecteurs de 17 à 40 ans

Enfer magazine, Metal Attack... Les titres des années quatre-vingt annoncaient la couleur. Hard rock, créé en 1984, vendait alors 30 000 à 40 000 exemplaires. Aujourd'hui, la diffusion tourne plutôt autour de 15 000 exemplaires, avec un lectorat âgé de 17 à 40 ans. Les ados fanatiques de musique assouvissent désormais leur passion sur le Web. Mais les aficionados sont d'une fidélité à toute épreuve. « Lorsqu'on est resté " métalleux " passé vingt ans, on a de bonnes chances de le demeurer jusqu'à cinquante », constate Guillaume B. Decherf. Le journaliste souhaite donner du fond à une presse qui en a souvent singulièrement manqué, se bornant à des papiers promotionnels très convenus. Il faut dire que les musiciens de ce genre musical ne sont pas forcément des cérébraux... « Lorsque j'ai interviewé Vince Neil, le chanteur de Mötley Crüe, il m'appelait d'une cabine du fin fond de l'Oklahoma, où le groupe était en concert, à moitié bourré », raconte Guillaume B. Decherf. Aujourd'hui, ce dernier reçoit de nombreuses propositions d'articles venant d'étudiants en sociologie. « Le milieu intéresse beaucoup les chercheurs », remarque-t-il. Un anthropologue norvégien vient même de réaliser un documentaire, Métal, au coeur de la bête, à sortir en juin.

Sortir des clichés

Au sommaire de Hard rock magazine, des rubriques comme Le hard rock vu par..., avec des invités comme Dionysos ou même l'ex-star-académicienne Emma Daumas. « Il faut sortir des clichés du " métal " », estime le journaliste. « Nous refusons de parler de groupes comme Tankard, des Allemands qui chantent des hymnes à la bière. Nous nous sentons plus proches d'artistes comme Lars Ulrich, le batteur de Metallica, qui s'est coupé les cheveux, adore l'art contemporain et écoute Björk. Ou encore du chanteur portugais de Moonspell, diplômé de philosophie, qui édite des recueils de poèmes. Avec eux, nous essayons de faire des interviews en profondeur, qui vont plus loin que les sempiternelles questions " Y a-t-il plus ou moins de guitares sur votre dernier album ? " » Dans le dernier numéro du magazine, on apprend d'ailleurs que Fernando, de Moonspell, vient de s'endetter sur cinquante ans pour s'acheter un appartement à Lisbonne... Le hard a décidément l'éternité devant lui.

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