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Le visiteur du soir

08/06/2006 - par Entretien : Amaury de Rochegonde

Vincent Bolloré détaille le concept de son quotidien Direct soir, diffusé depuis le 6 juin à 500 000 exemplaires. Il affiche aussi ses itions dans les médias et la convergence numérique, via le haut débit sans fil.

Vous lancez un quotidien gratuit du soir que vous présentez comme « un picture magazine ». Vous voulez en finir avec la distinction entre magazine et quotidien ?

Vincent Bolloré. Eh oui ! C'est l'idée qui nous a été soufflée par Havas et Jacques Séguéla. L'idée du « picture magazine », c'est de rentrer dans l'actualité grâce aux photos. Il y en a quatre-vingts dans Direct soir, ce qui est considérable pour un quotidien de vingt-huit pages.

Un lancement le 6 juin, cela n'a rien à voir avec le début de la Coupe du monde de football ?

V.B. Non, même si nous avons deux pages consacrées au sport. Nous nous étions fixé cette date car elle est symbolique pour ma famille : deux de mes oncles comptaient parmi les 177 Français du commando Kieffer, qui a débarqué le 6 juin 1944. Nous paraissons tout le mois de juin, puis nous ressortirons à la rentrée, après une interruption en juillet-août. Le budget annuel est de 20 millions d'euros, et nous attendons 5 millions d'euros de recettes publicitaires.

La distribution n'est-elle pas plus coûteuse le soir que le matin, compte tenu du caractère moins concentré des trajets en fin d'après-midi ?

V.B. C'est d'autant plus vrai en province, où le retour du soir s'effectue beaucoup plus tôt que dans les grandes villes. Malgré cela, nous aurons un maillage de trois cents colporteurs pour toucher une grande partie de la population. Nous commençons autour de Paris, Marseille, Lyon et Lille, car notre imprimeur Riccobono y a ses imprimeries. Mais nous sommes présents sur quinze villes dès le lancement et nous allons continuer à rayonner sur la France, en particulier dans la partie ouest où nous ne démarrons pas car notre imprimeur n'y est pas implanté. À l'horizon 2008-2009, nous serons à 1 million d'exemplaires. Nous pouvons avoir des visées à long terme puisque nous avons le même actionnariat depuis 184 ans, ce qui nous permet de ne pas être jetés dehors par des gens qui voudraient des rendements immédiats.

Envisagez-vous de vous allier avec des projets comparables, comme celui du Figaro ?

V.B. Nous sommes prêts à nous allier à quiconque. Si notre test est positif, pourquoi effectivement ne pas s'allier ? Nous avons l'habitude de nouer des alliances dans divers secteurs.

Comptez-vous créer une rédaction autonome par rapport à votre chaîne Direct 8 ?

V.B. Notre projet, c'est la convergence avec notre télévision ou avec le Net, projet que nous sommes en train de créer. Dans un groupe de communication, il est possible de dégager des synergies et d'avoir une rédaction commune. Sur la centaine de journalistes que nous avons à Direct 8, quelque 90 % sont volontaires et disposent d'un peu de temps pour Direct soir. Ils recevront bien entendu une rémunération supplémentaire.

Un quotidien gratuit, c'est un quotidien comme les autres en termes d'indépendance éditoriale, d'influence politique... ou bien est-ce autre chose ?

V.B. Qu'il soit gratuit ou payant ne change rien à la nécessité d'avoir un contenu de qualité. C'est une erreur d'opposer les deux. Bien sûr, il y aura une muraille de Chine entre la rédaction et la régie publicitaire, laquelle sera commune à la télévision et au quotidien.

Aegis et MPG, c'est un moyen d'orienter le médiaplanning vers vos médias ?

V.B. Chez Aegis, nous n'avons aucun moyen d'orienter quoi que ce soit puisque nous ne sommes pas au conseil d'administration. Quant à Havas et MPG, notre groupe n'existerait pas depuis 184 ans s'il faisait des choses de ce genre.

Le 14 juin, il y aura une assemblée générale d'Aegis.Demandez-vous toujours deux administrateurs ?

V.B. Oui, nous maintiendrons cette demande jusqu'à son obtention. Quelles que soient les raisons données - le conflit d'intérêts et le contrôle rampant - qui sont justes, elles passent après la représentation de l'actionnaire. Par ailleurs, nous pensons qu'il y a des synergies évidentes entre MPG et Aegis. Mais je ne peux pas faire cette démarche de rapprochement, demandée par Aegis, si son capital tombe demain entre les mains d'un grand opérateur.

Concernant votre développement dans les médias, le groupe Endemol vous intéresse-t-il ?

V.B. Non, pas pour l'instant. En revanche, nous sommes candidats à la licence WiMax, cette technologie qui permet d'envoyer des informations - films, images, annonces publicitaires, télévisions, téléphone - sur un terminal mobile, qui représente quand même un investissement de 800 millions d'euros. Réponse à la mi-juillet. On vise en priorité les zones blanches non desservies, ce qui peut permettre de réduire la fracture numérique.

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