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À Libé, la fin des années July ?

15/06/2006 - par Muriel Signouret

Un sérieux conflit avec son actionnaire Édouard de Rothschild devrait conduire Serge July à quitter la direction de Libération. Un fauteuil qu'il occupe depuis trente-trois ans.

La page Serge July est en passe d'être tournée à ­Libération. Mardi 13 juin, en milieu de matinée, l'émotion était à son comble au siège du journal, rue Béranger, dans le xie arrondissement de Paris. Près de quatre-vingts salariés ont entendu avec solennité leur PDG leur annoncer qu'Édouard de Rothschild, l'actionnaire principal du quotidien (38,87 %), lui demandait de quitter ses fonctions. Louis Dreyfus, directeur général, est également dans le collimateur. Deux heures après cette réunion, vers 13 heures, le site Internet du journal titrait : « Serge July n'a pas annoncé son départ. » Ce dernier a en efffet précisé dans la foulée qu'il ne quittera le quotidien, à la tête duquel il a passé trente-trois ans, qu'à la condition qu'Édouard de Rothschild s'engage de son côté à réinjecter de l'argent : « Si ce départ peut favoriser le refinancement du journal, je n'y ferai pas obstacle. » Le 13 juin à 17 heures, les négociations entre le PDG et son ­actionnaire se poursuivaient.

Entre les deux hommes, la crise - une de plus dans l'histoire mouvementée de Libération - couvait depuis plusieurs mois. Édouard de Rothschild n'avait pas prévu que les 20 millions d'euros qu'il a investis seraient en grande partie, et si vite, engloutis par les pertes du journal (14 millions d'euros en 2005). Il n'avait pas non plus envisagé que la situation allait ­continuer à se dégrader. Les comptes du quotidien sont toujours dans le rouge, avec près d'un million d'euros de pertes pour le seul mois d'avril. Quant à la diffusion payée en France, elle a chuté de 2,15 % en 2005 (à 136 945exemplaires, selon l'OJD). Au premier trimestre 2006, elle était en repli de 0,8 %.

Aux yeux d'Édouard de Rothschild, la responsabilité de Serge July et de Louis Dreyfus ne fait aucun doute. L'homme d'affaires a fait connaître son agacement en apprenant que le supplément Écrans, premier volet d'une stratégie d'enrichissement de l'offre éditoriale, serait distribué gratuitement avec le quotidien du samedi jusqu'en septembre au lieu d'être vendu 2 euros dès son lancement (le 13 mai). Une ­erreur de gestion parmi d'autres, selon le financier, qui a ­conduit le ­conseil d'administration du 22 mai à soulever la question d'une ­recapitalisation du journal. La recherche de fonds, à hauteur de 10 à 15 millions d'euros, a été confiée à deux administrateurs, Lionel Zinsou et Eduardo Malone.

Si le départ de Serge July se confirme, qui le remplacera ? Un temps pressenti, Edwy ­Plenel, l'ancien directeur de la rédaction, serait hors course. En attendant, le personnel, qui a été amputé de cinquante-six salariés après l'ouverture d'un plan ­social en novembre dernier, est, selon François Wenz-Dumas, délégué SNJ, « très inquiet » de ce départ ­annoncé, qui peut avoir de « graves conséquences » pour le journal.

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