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Vachette à lait

13/07/2006 - par Muriel Signouret

Né en 1962, Intervilles retrouve l'antenne de France 3 après vingt ans d'absence. Sa recette n'a pas changé : des coups de cornes et des jeux pour départager deux équipes qui défendent les couleurs de leur ville.

Tout y est, en ce soir du 3 juillet au Touquet (Pas-de-Calais) : l'inénarrable Cha na na na nana, les piscines, les costumes, les bleus de Saint-­Quentin, les rouges du ­Touquet et bien sûr les véritables stars de la soirée, ces vachettes aux cornes aiguisées affublées de petits noms aussi doux que Rosa, Marilyn ou encore Anne-Marie. En quarante-quatre ans d'existence, Intervilles n'a pas pris une ride. ­Certes, Léon (Zitrone), Guy (Lux) et Simone (Garnier), le trio emblématique de l'émission, qui était à l'époque en duplex, ont déserté la piste sablonneuse. Mais, comme le dit Claude Savarit, l'inventeur du jeu avec Guy Lux, « les animateurs passent, Intervilles reste ».

En cette soirée caniculaire qui ouvre la saison estivale 2006 d'Intervilles, ce sont Julien Lepers, ­célèbre pour ses Questions pour un champion, Tex, qui teste Les Z'amours, l'animatrice Vanessa Dolmen, le DJ Corti et l'ancienne championne de planche à voile Nathalie Simon, sans oublier l'impitoyable arbitre Robert Wurtz, qui prennent la relève. Pas facile quand il s'agit d'une première - pour les trois premiers - et surtout quand l'émission renoue avec le direct après deux étés de plateau.

Vision moderne de luttes anciennes

Pour ne pas faire de ratés, deux jours de répétition sont exceptionnellement prévus pour cette émission qui emploie de gros bataillons d'intermittents du spectacle. Sous un soleil de plomb, les 160 techniciens s'assurent du bon fonctionnement des douze caméras, finissent d'installer le décor et mettent, à H-1, les derniers coups de pinceau sur les brouettes, bassines et autres armes dont se serviront les équipes pour arracher la victoire de leur ville. « Il faut instaurer une mécanique mais aussi aider les animateurs à trouver leur complicité », explique, un brin stressée, Marie-Claire Mezerette, la directrice des divertissements de France 3, chaîne qui accueille pour la première fois depuis 1985 ce mythique divertissement, passé entre-temps sur TF1, puis sur France 2 en 2004.

De fait, en plus de défier le temps et les modes du PAF, Intervilles zappe sans complexe d'une chaîne à l'autre. Et qu'on ne dise pas que c'est parce qu'elle a du mal à trouver sa place ! « Intervilles est née sur l'ORTF, je trouve ça bien qu'elle revienne dans le giron du service public, qui plus est sur la chaîne des régions », ­souligne Claude Savarit qui, à soixante-neuf ans, n'a jamais manqué une représentation de ce jeu aux origines moyenâgeuses. « Intervilles, c'est la vision moderne de quelque chose de fort ancien : la compétition entre villes ou villages qui donna naissance au jeu de la soule dans le Sud-Ouest ou la fameuse course du Palio à Sienne, en Italie », poursuit celui qui a ensuite conçu Jeux sans frontières, « à la demande du général de Gaulle, précise-t-il, pour créer l'Europe ».

En 2005, Intervilles a rapporté 2,3 millions d'euros brut. Un temps ringardisée par les nouveaux jeux mêlant aventures de l'extrême et télé-réalité, l'émission n'a rien perdu de sa popularité. La première édition 2006, qui a consacré la victoire du Touquet après deux heures et demie de direct rythmées par onze épreuves et bien plus de gamelles, a enregistré 20,6 % d'audience. Un chiffre auquel il faut ajouter les quelque 6 000 spectateurs venus encourager, dans les tribunes, leurs candidats. « Aujourd'hui, je ne prends même plus la peine de défendre Intervilles, sourit Claude Savarit. On n'a jamais vu un tel succès dans le monde entier. » Car le concept, produit par Mistral, a essaimé. En Thaïlande, Chine, Russie, Ukraine, Vietnam ou Qatar, les mêmes gags produisent les mêmes effets. Le rire doit être le propre de l'homme. Avec la vachette.

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