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Le Figaro chante l'air du multimédia

14/09/2006 - par Muriel Signouret

Doublé par Le Monde sur le projet d'un gratuit à Paris, le quotidien a deux fers au feu : Internet et le papier, avec plusieurs lancements cet automne.

Francis Morel garde le sourire. « L'abandon du quotidien gratuit est certes regrettable, mais nous avons tellement d'autres projets ! », lance le directeur général du groupe Le Figaro. Que ce soit sur Internet ou dans le papier, celui-ci se présente désormais comme une marque multimédia. « Nous voulons être le premier groupe de presse en ligne », insiste-t-il. Autrement dit, doubler son concurrent Le Monde, qui vient de gagner la bataille des gratuits en s'associant au réseau Ville plus, via son accord avec Vincent Bolloré. « Il y a un an, nous avions moitié moins de visiteurs que lemonde.fr. Aujourd'hui, lefigaro.fr en a environ 85 %, avec 1,6 million de visiteurs uniques par mois », précise Francis Morel.

Pour espérer dépasser Le Monde, Le Figaro a sorti son chéquier. Il a d'abord racheté début 2006 un site d'informations sportives, Sport24. Puis, il a acquis AG Presse, une agence de contenu numérique d'information financière. Avec l'équipe du Journal des finances, dont il a pris la majorité du capital au printemps, Le Figaro veut développer dès la fin de l'année une offre Internet inspirée du site Boursorama, leader sur ce marché.

Mais le groupe de Serge Dassault ne s'intéresse pas qu'à l'argent, il veut aussi séduire les femmes. Avec une équipe renforcée, suite à l'embauche cet été d'une dizaine de personnes, la rubrique Madame du site figaro.fr va être enrichie en contenus éditoriaux et en services. Là encore, l'éditeur compte s'attaquer au numéro un du marché, aufeminin.com. « Nous voulons construire un bouquet de sites dont le coeur sera lefigaro.fr », complète Pierre Conte, président de Publiprint, la régie publicitaire du Figaro.

Cette stratégie de développement est portée par les revenus publicitaires qui ont doublé sur le Web au premier semestre (contre une hausse de 7 % pour les éditions papier), selon Pierre Conte. « Internet est le média qui récompense le plus vite nos investissements », note-t-il. Reste à convaincre une rédaction du Figaro, pour le moins réticente, de devenir « bimédia » (une telle reconfiguration n'est pas d'actualité, assure Francis Morel). Pourtant, Le Figaro magazine montre l'exemple, en proposant chaque semaine à partir du 16 septembre des podcasts de quinze minutes, vendus 1,80 euro.

Dans son élan, Le Figaro a également décidé de consolider le marché des petites annonces. « Internet profite davantage de l'embellie du marché de l'emploi que le papier », souligne Pierre Conte, qui a, du coup, lancé le 4 septembre un nouveau site, Cmonjob, pour séduire les non-cadres. Fort de son rapprochement en juin avec Keljob, le groupe s'apprête à créer une nouvelle société, au chiffre d'affaires estimé à 35 millions d'euros, qui chapeautera l'ensemble des marques « classified » (Cadremploi, Cmonjob, Explorimmo et Keljob).

Nouveaux suppléments

Le Web n'est pas le seul axe de développement du Figaro. Ni Francis Morel ni Serge Dassault ne manifestent l'intention de relâcher leurs efforts sur le papier. Pour preuve, le lancement début 2006 du cahier hebdomadaire sur les sports, destiné à rajeunir l'audience du quotidien, dont « l'érosion de la diffusion a été stabilisée grâce à la nouvelle formule », selon le directeur général. En 2005, la diffusion France payée du Figaro s'est établie à 325 289 exemplaires, selon l'OJD, en baisse de 1,35 % sur un an. Pour preuve encore, les quelque 100 millions d'euros que le groupe va dépenser pour moderniser son imprimerie de Roissy-en-France (Val-d'Oise) et pour en construire une nouvelle dans le sud de la France.

Côté magazines, Le Figaro mademoiselle ouvrira, le 30 septembre, le bal des lancements avec les suppléments du samedi. Avec ce petit format, dont la périodicité - bimestrielle ou trimestrielle - sera déterminée en fonction des chiffres de diffusion, le journal cible les jeunes femmes de 18 à 25 ans. « Il faut que la marque soit prise en main plus tôt », avance Pierre Conte. Suivra, en novembre, un magazine sur la santé. « Nous voulons développer l'offre du week-end en lançant des périodiques sur des thématiques où l'on ne nous attend pas forcément », complète Francis Morel. Une stratégie qui se veut payante... dans le non-gratuit.

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