Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Didier Quillot aidera Lagardère à négocier le virage numérique

21/09/2006 - par Amaury de Rochegonde

En nommant Didier Quillot à la tête de ses deux branches de contenus presse et audiovisuels, le groupe de médias a choisi un développeur pour avoir une stratégie de croissance dans le numérique.

Gérald de Roquemaurel n'a pu masquer sa tristesse et son inquiétude devant le personnel d'Hachette Filipacchi Médias (HFM), réuni dans l'auditorium de la société, ce jeudi 14 septembre, au lendemain de son éviction. Certes, il reste encore pour quelques mois ­conseiller d'Arnaud Lagardère et a promis d'assurer la présidence du conseil de surveillance de HFM jusqu'au 31 décembre. Mais il a déjà reçu plusieurs propositions et nul ne doute que l'année 2007 sera pour lui l'occasion d'un nouveau départ, après trente-cinq ans de carrière dans ce groupe de presse dont il a assuré l'essor international. Son successeur, Didier Quillot, jusqu'alors PDG d'Orange France, arrive pour prendre la tête des directoires de HFM (presse) et de Lagardère active (audiovisuel), sociétés qui seront transformées en sociétés anonymes et réunies dans un même pôle. Arnaud Lagardère en sera le président du conseil de surveillance dès le 1er janvier 2007.

« Didier Quillot, c'est un homme de la marque alliée au business, et avec une vraie énergie », reconnaît un cadre de chez Orange. Réputé pour son franc-parler et son dynamisme, le nouveau patron présente en effet un profil d'entrepreneur, aussi à l'aise dans le développement que dans le marketing et le commercial. Responsable de l'émergence d'Orange sur la 3G et la télévision sur mobile, il a dernièrement assuré son « rebranding », le 1er juin, grâce à la fusion des marques Orange, Wanadoo et MaligneTV. Depuis 2004, il était d'ailleurs en charge de la coordination puis de l'évolution des marques de France Télécom.

Privilégier l'offensive

Même s'il ne siégeait pas au comité de direction de l'opérateur historique - au profit de Sanjiv Ahuja, en charge d'Orange à l'international - et qu'on le disait moins en cour auprès de son président Didier Lombard, Didier Quillot quitte le groupe de télécommunications après un beau parcours. À quarante-sept ans, il partage avec son nouveau patron non seulement la passion du sport et du Sud-Ouest, mais aussi un goût très prononcé pour les médias. Il a d'ailleurs beaucoup ­contribué à faire d'Orange un diffuseur de contenus plus qu'un opérateur télécoms, comme en attestent les ­exclusivités signées pour les albums de Madonna ou de Johnny Hallyday ou encore le championnat de France de football.

Sa feuille de route chez Lagardère est claire : favoriser le passage au numérique en donnant à HFM, notamment, une stratégie de croissance. Il est vrai que le résultat opérationnel de la division presse ne s'établit plus qu'à 55 millions d'euros au premier semestre, soit un recul de 19,5 %. Gérald de Roquemaurel estime avoir réagi comme il le fallait en supprimant 27 titres dans le monde, en réalisant 8 millions d'euros d'économies et en préparant « un dossier » qui, s'il aboutissait, mettrait le groupe en phase avec ses objectifs de rentabilité en 2007 (11,7 % de marge opérationnelle).

Mais Arnaud Lagardère, qui mène d'ailleurs des discussions aux États-Unis en vue d'une acquisition, préfère sans doute une stratégie plus ­offensive. Les marchés financiers, c'est vrai, le pressent de donner des signaux ­numériques et de clarifier sa stratégie sur le haut débit. « Nous ne tirons pas un trait sur les magazines, a-t-il indiqué. Nous continuerons à en développer, mais ils seront automatiquement rattachés à des vecteurs numériques. » Il annonce par ailleurs un « rétrécissement de certaines lignes éditoriales ». Des marchés comme les femmes (Elle) et les voitures (Car&Driver) devraient ainsi être renforcés sur Internet, tandis que certaines marques destinées aux jeunes abandonneraient le support papier, à l'instar d'Elle Girl aux États-Unis.

Didier Quillot est aussi attendu, bien sûr, pour développer les liens avec les opérateurs mobiles et pour faire ­converger les contenus de ­Lagardère sur des marques numériques. Reste à savoir comment sera tranchée l'épineuse question des régies publicitaires Lagardère active publicité (LAP) et ­Interdeco. La logique voudrait qu'un pôle unique débouche sur une régie unique. « À ce jour, rien n'est décidé », ­assure-t-on chez Lagardère en rappelant que les deux patrons de régie Olivier Chapuis chez Interdeco, Constance Benqué chez LAP - sont tous les deux « excellents ». À la différence du premier, la seconde a été nommée ­directement par Arnaud Lagardère...

Envoyer par mail un article

Didier Quillot aidera Lagardère à négocier le virage numérique

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies