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Le grand chambardement des chaînes d'information

28/09/2006 - par Amaury de Rochegonde

Le lancement réussi de BFM TV incite ses concurrents à revoir leur modèle économique. I-Télé compte sur le développement de ses recettes publicitaires et LCI se redéploie sur Internet.

Si on mesurait le succès d'une chaîne d'info au nombre de gens qui se rendent à sa conférence de presse, BFM TV remporterait sûrement la palme. Le 15 septembre, les 150 participants à cette rencontre à l'hôtel Prince de ­Galles, à Paris, avaient d'ailleurs la curieuse impression d'être deux fois plus nombreux en raison d'un immense miroir qui reflétait le public. BFM TV, c'est vrai, veut montrer qu'elle joue dans la cour des grands. Simple effet d'optique ? Pas seulement.

Avec ses deux vedettes hertziennes Olivier Mazerolle (ex-France 2) et Ruth Elkrief (ex-TF1), elle parvient presque à faire oublier son manque de moyens qui en fait aussi une chaîne où les journalistes lambda sont plutôt rares, mal payés et polyvalents. Mais qu'importe ! Avec 5 millions de téléspectateurs revendiqués chaque semaine - deux fois plus qu'à ses ­débuts-, la chaîne aux 15 millions d'euros de budget s'est fait un nom en profitant du numérique et des synergies avec la radio BFM. Elle n'a pas son ­pareil pour réaliser une petite chronique internationale par visiophone ou une correspondance depuis le Liban en assurant sa liaison gratuitement par Internet. « Quand l'info est chaude, l'important est d'être là où ça se passe, même si c'est en quart d'image », se félicite son directeur de la rédaction, Guillaume Dubois. BFM TV impose ainsi le respect moins en raison de sa couverture de l'actualité que de son rapport qualité-coût.

Justifier son budget

Qui aurait pu penser, le 28 novembre 2005, lors de sa création, qu'elle se hisserait aussi vite aux côtés des chaînes historiques I-Télé et LCI ? « Notre chance a été de partir de zéro au moment où il y a eu une rupture technologique », ­reconnaît son PDG, Alain Weill. Les chaînes d'info sont ainsi en train de vivre leur « grand chambardement ». Avec 0,6 % de part d'audience au deuxième trimestre selon Médiamétrie, BFM TV fait jeu égal sur la TNT avec I-Télé, même si cette dernière, née en 1999, a également doublé son audience en un an, passant de 3,8 à 7,5 millions de téléspectateurs par semaine.

Du coup, la chaîne du groupe Canal + met beaucoup en avant sa crédibilité renforcée, sa réactivité grandissante et son professionnalisme, ­affiché via des anciens du groupe TF1 comme ­Laurent Bazin ou Thomas Hugues, ­lequel s'affirme d'ailleurs beaucoup plus libre qu'à LCI : « Nous n'avons plus l'esprit pollué par des scories qui ne devraient ­jamais parasiter les choix des journalistes. » Si elle n'a plus aucun problème pour faire venir des personnalités dans ses émissions, I-Télé doit néanmoins démontrer qu'elle fait bon usage du budget qui lui est ­alloué par son ­actionnaire (42 millions d'euros, dont 7 millions pour les journaux de Canal +). Pas si simple quand une ­concurrente à l'audience voisine ­dépense deux à trois fois moins pour faire de l'information en continu...

Faut-il s'attendre à une redéfinition de son modèle économique ? Pour l'instant, la chaîne se contente de déclarer qu'elle est en phase avec ses prévisions grâce à une progression de 55 % de ses recettes publicitaires en un an (3 % au-dessus de l'objectif). Mais cela sera-t-il suffisant ? Sa directrice, Valérie Lecasble, ne cache pas que la question du coût de la chaîne commence à faire débat à Canal +. « Fabriquer l'info moins cher, c'est en effet une question dont j'ai déjà entendu parler au sein du groupe. »

I-Télé doit assumer la perte de toute redevance et le recours au seul financement publicitaire. Un choix que s'est refusé à faire LCI, restée payante, et qui semble chercher un relais de croissance publicitaire dans son nouveau portail lci.fr. Ce dernier confronte désormais les contenus journalistiques à des ­espaces pour les internautes (via les plates-formes Overblog et WAT). Pour générer de l'audience, les meilleures ­vidéos amateurs seront mises en ligne, voire diffusées sur l'antenne.

« Il s'agit de créer un réflexe lci.fr comme il existe un réflexe LCI », explique Jean-François Mulliez, directeur général adjoint de la chaîne en charge d'Internet. Pour le reste, LCI multiplie les têtes d'affiche (Harry Roselmack, Michel Field, Christophe Barbier, etc.) et ­refuse d'évoquer son déficit. Mais, signe que les temps changent, les 18journalistes du site viennent d'intégrer la rédaction de LCI aux côtés de leurs 110 confrères.

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