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Jasmin en odeur de sainteté

26/10/2006 - Le nouvel hebdomadaire féminin d'Axel Ganz est bien perçu par les spécialistes en agences médias. L'ancien président de Prisma Presse garantit une diffusion payée de 250 000 exemplaires cette année.

Au musée Galliera, le 19 octobre, les visiteurs étaient confrontés à l'image omniprésente d'une fleur blanche et à un effluve entêtant. Celui du jasmin, du nom du nouveau-né tant attendu d'Axel Ganz, ancien président de Prisma Presse. Le magazine, en kiosques depuis le 23 octobre, se veut « le généraliste pour les femmes qui n'ont pas trouvé leur hebdo ».

Il est vrai que le choix est limité, en tout cas pour ce qui est de la famille des féminins dits sélectifs à laquelle appartient Jasmin. Hors Elle ou Madame Figaro, point de salut. « Depuis vingt ans, il n'y a eu aucune création d'hebdomadaire féminin, souligne Axel Ganz. Or, entre-temps, les lectrices ont changé : elles n'ont plus besoin que la presse leur serve de coach. » Jasmin, édité par AG + J (75 % Gruner + Jahr, 25 % Axel Ganz), est vendu 2 euros, et cible les 25-40 ans.

Campagne télévisée

Principale originalité de l'hebdo : la place accordée à l'actualité, quireprésente 37 des 136 pages du journal, avec des sujets comme ­« Ségolène Royal-François Hollande : si elle gagne, il perd tout », ou « Pourquoi l'art contemporain est à la mode ». « Le magazine est très dense, très touffu, remarque Sophie Renaud, directrice de l'expertise presse chez Carat. Nous avions quelques réserves sur l'adéquation entre le titre et la cible, très large, des 25-40 ans. Mais la version finale a beaucoup évolué par rapport aux premières moutures qui nous ont été soumises, et je trouve le magazine assez homogène. J'ai une réserve sur la couverture, qui montre un mannequin peut-être un peu trop juvénile. Mais le titre est solide, sérieux, et peut rencontrer son public. »

Chez ZenithOptimedia, on promet également un bel avenir au titre. « Nous sommes très positifs. Il comporte tous les ­ingrédients de la réussite : un équilibre entre actualité, people, mode et beauté, souligne Nathalie Godinot, directrice de l'expertise presse. Le marketing de ce produit presse est très bon, de plus, l'hebdo sera appuyé par une campagne à la télévision, ce qui devrait lui permettre d'atteindre ses objectifs. En revanche, il reste encore des choses à caler, comme le ton des articles, pas assez enlevé. »

De son côté, Virginie Jambry, directrice du département Presse de MPG, émet un autre bémol : « Ce qui fait l'identité d'un féminin haut de gamme, ce sont les pages mode et beauté, mais on sent que pour l'instant, les choix de mannequins et de photographes ne sont pas très aboutis. Il faudra attendre quatre à cinq numéros pour juger. » Mais pour elle, «aucune réserve sur le fond du magazine, très novateur».

Les équipes de Jasmin, dont la rédactrice en chef, Bénédicte Épinay, vient du groupe Les Échos où elle était rédactrice en chef, sont optimistes quant au succès du magazine. Le premier numéro, soutenu par une campagne de M&C Saatchi GAD, agence qui a par ailleurs été étroitement associée à l'élaboration de la une et du logo, été mis en place à 450 000 exemplaires. AG + J garantit une diffusion payée moyenne de 250 000 exemplaires pour 2006.


Delphine Le Goff
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1431

En image
Le premier numéro de l'hebdomadaire féminin a été mis en place en kiosques à 450 000 exemplaires.
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