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Les lettres médianes

16/11/2006 - par Delphine Le Goff

Le bimestriel Transfuge se consacre exclusivement à la littérature étrangère. Son audience grandit dans le milieu littéraire.

Transfuge : soldat qui déserte et passe à l'ennemi. Le terme n'est pas des plus glorieux mais il a vite sonné comme une évidence pour Vincent Jaury et Gaëtan Husson. Ils ont ainsi baptisé leur magazine bimestriel consacré à la littérature étrangère, qui commence à se tailler son petit succès parmi les amateurs. « Transfuge, parce que d'une certaine façon, nous trahissons notre camp en ne parlant pas d'auteurs français, explique Vincent Jaury. Mais aussi parce que l'on dit souvent que traduire, c'est trahir. »

En 2004, Gaëtan Husson termine une école d'art, tandis que Vincent Jaury travaille dans une société de production. « Nous étions tous deux grands lecteurs de littérature américaine et ressentions un profond ennui vis-à-vis de la littérature française contemporaine. Mon patron m'a aidé à financer le projet », raconte Vincent Jaury. « Nous avons estimé qu'il n'existait pas de troisième voie entre Le Magazine littéraire, très universitaire, et Lire, très grand public », ajoute Gaëtan Husson.

Jeunes, mais déjà du sérail

Le magazine, qui a démarré en 2004 par une ­diffusion en librairies, a investi les kiosques en septembre 2005. Après Bret Easton Ellis et Haruki Murakami, c'est le romancier britannique Ian McEwan (auteur du bouleversant ­Expiation, vendu à un million d'exemplaires) qui a les honneurs de la couverture du dernier numéro à l'occasion de la sortie de son nouveau roman, Samedi. « Au départ, nous craignions d'avoir du mal à approcher les auteurs, raconte Vincent Jaury. Philip Roth, par exemple, est impossible à interviewer, sauf pour Josyane Savigneau du Monde des livres ou Marc Weitzman des Inrockuptibles, qu'il connaît bien. Mais, en général, ils sont assez accessibles. D'autant que nous avons réussi à acquérir une bonne visibilité vis-à-vis des attachées de presse, très influentes dans le milieu littéraire. »

Il faut dire que les équipes du magazine ont tout pour plaire : jeunes (trente ans en moyenne), les rédacteurs, loin d'être d'obscurs étudiants en lettres modernes, jouissent d'une crédibilité branchée dans les cénacles littéraires. On compte parmi les signatures les écrivains Christophe Ono-dit-Biot et Charles Pépin, ou la chroniqueuse Mazarine Pingeot. La conseillère de la rédaction n'est autre que Clémence Boulouque, la fille du juge antiterroriste Gilles Boulouque, qui a récemment publié le remarqué Mort d'un silence. Très chic.

« Nous avons peut-être une image très parisienne, mais après tout, nous sommes très parisiens ! », reconnaît Vincent Jaury. Transfuge a d'ailleurs été adoubé par le plus people des chroniqueurs littéraires, l'incontournable Frédéric Beigbeder, qui a présenté à plusieurs reprises le magazine dans Le Grand Journal, sur Canal +. « Nous allons organiser une rencontre à New York entre Beigbeder et l'écrivain américain Jay McInerney [auteur de Bright Lights, Big City, un roman culte des années quatre-vingt], car les deux hommes ont beaucoup en commun », annonce Vincent Jaury.

Qu'on ne s'y trompe pas : Transfuge n'a rien d'une énième publication maniérée et creuse. Avec ses entretiens de haut vol et ses dossiers fouillés, comme celui, dans le dernier numéro, sur l'auteur de science-fiction Philip K. Dick, le magazine, diffusé à 7 000exemplaires, a trouvé sa place dans la presse littéraire. « Comme nous ne parlons jamais d'auteurs français, nous sommes assez tranquilles et entretenons d'excellents rapports avec les éditeurs », se félicite Vincent Jaury. Fortes de leur succès d'estime, les équipes de Transfuge planchent sur un nouveau magazine, cette fois-ci consacré au cinéma. « Nous pensons qu'il y a une place à prendre entre Première et Les Cahiers du cinéma », estime Jaury. Passer de la littérature au cinéma : une nouvelle trahison ?

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