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La diversité gagne du terrain à l'écran

14/12/2006 - par Amaury de Rochegonde

Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'égalité des chances, les chaînes sont tenues de détailler auprès du CSA leurs efforts en faveur des minorités. Premier bilan.

La prise de conscience est ancienne, mais le sentiment d'urgence est né des émeutes de novembre 2005. Dans la foulée, les dirigeants de l'audiovisuel ont été convoqués par le président de la République, qui leur a demandé de mieux refléter à l'antenne la diversité de la société. En filigrane, il s'agit de donner à voir une réalité métissée sous un angle positif, alors que les caméras n'ont cessé de braquer leurs objectifs sur des enfants d'immigrés en révolte. Le 31 mars 2006, la loi sur l'égalité des chances a donné au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) une assise législative pour contrôler le travail accompli. L'instance a donc demandé aux chaînes de lui fournir un bilan détaillé des programmes ayant permis de lutter contre les discriminations. Et, le 10 novembre, Dominique Baudis a remis à Jacques Chirac le premier rapport officiel sur la diversité à l'antenne. « Il reste du chemin à faire, mais le mouvement est engagé et, j'ai confiance, il se poursuivra », a déclaré le président du CSA.

Le rapport fait ressortir les forces et les faiblesses des chaînes. Principale avancée : la lutte contre les stéréotypes. Alors que, dès 1999, le collectif Égalité animé par Calixthe Beyala pointait, notamment sur les chaînes privées, le confinement des minorités dans les émissions musicales et les événements sportifs, de nouveaux territoires ont été investis.

« Plan d'action positive »

L'exemple le plus frappant est celui de l'information, avec le recrutement cet été d'Harry Roselmack au 20 Heures de TF1, qui fait suite à l'arrivée d'Audrey Pulvar au JT de France 3 en juillet 2004. Selon le CSA, le service public a en outre bien compris le rôle que jouent les débats et les documentaires dans l'illustration de la diversité.

Un risque existe néanmoins : que les chaînes se servent de porte-drapeaux pour s'exonérer d'une véritable politique de ressources humaines. Depuis janvier 2004, France Télévisions a engagé un « plan d'action positive pour l'intégration », avec une double articulation sur les programmes et les ressources humaines. Des réunions font le point chaque trimestre. Côté recrutement, 7 bourses ont été accordées à des étudiants en journalisme issus de l'immigration, 18 contrats d'apprentissage et 34 contrats-passerelles ont été signés. En outre, un poste de « délégué à l'intégration et à la diversité » a été créé. Sur les 90 candidatures spontanées qu'il a transmises, 10 ont été retenues à l'essai. France Télévisions s'apprête aussi à conduire une étude (autorisée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés) sur la diversité dans ses effectifs, et mène une analyse sur les préjugés au sein même du groupe public. Principal écueil pointé par le rapport du CSA : la faible circulation des programmes de RFO, filiale du groupe depuis 2005, qui se traduit aussi par une faible mobilité des salariés venus d'outre-mer.

Les opérateurs privés ne poussent pas l'introspection aussi loin. Outre un travail sur le public et les candidats des émissions de jeux, TF1 a concentré l'essentiel de sa réflexion sur ses fictions en rencontrant des associations afin de détecter de nouveaux talents. Si l'instance de régulation lui reconnaît un effort sur les personnages de fiction, tel Mouss Diouf dans Julie Lescaut, elle note que ces acteurs incarnent rarement les premiers rôles. M6, de son côté, se borne à citer quelques exemples de programmes qui assurent la représentation de la diversité. Mais, globalement, le CSA relève l'apparition de héros récurrents qui peuvent faire évoluer les mentalités : Léa Parker (M6), Fabien Cosma (France 3), etc. Le déclic ne s'est en revanche pas encore produit dans les programmes jeunesse, dessins animés américains mis à part. Autres dangers : faire de la diversité un axe restreint à la question de l'intégration, avec les risques liés à la stigmatisation, ou au contraire avoir une conception trop extensive du sujet, englobant la découverte des cultures du monde.

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