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« Pas d'opinions, des témoignages »

25/01/2007 - par Entretien : Muriel Signouret

Axel Duroux, président du directoire de RTL, explique comment la station généraliste est redevenue la première radio de France. Il dévoile aussi les perspectives d'évolution offertes par Internet et le numérique.

RTL est de nouveau la première radio de France selon les deux dernières enquêtes de Médiamétrie (lire ci-contre). Quelle est votre recette ?

Axel Duroux. Nous avons essayé de faire encore plus de RTL, de renforcer notre identité et de renouveler nos valeurs en fonction de l'air du temps. Bref, de répondre aux attentes de nos auditeurs, lesquels ont besoin d'une parole qui les implique. Nous avons également remis le divertissement au goût du jour. Car, comme disait Philippe Labro, RTL, c'est du rire, de la tendresse et de la liberté. Aujourd'hui ­encore, nous sommes avant tout perçus comme un média indépendant.

À ce sujet, que pensez-vous des propos de François Bayrou sur la partialité des médias ?

A.D. Il n'a jamais fait référence à RTL. Je ne me sens pas du tout ­concerné. Même si on ne peut ignorer le fait qu'il y ait des groupes de pression qui agissent sur les médias, nous sommes avant tout dans un monde dirigé par la culture du résultat.

Vous êtes à la tête du groupe RTL depuis mars 2005. Quels enseignements avez-vous tirés de votre période d'observation ?

A.D. Ce groupe ne m'était pas ­inconnu puisque j'avais travaillé sur RTL2 et Fun Radio. J'ai certes ­observé, puis agi, notamment sur la relance de Fun Radio. Quant à RTL, ce qui m'a frappé, outre la force de cette marque, c'est qu'elle s'est construite par strates successives, ce que l'on retrouve dans son format, qui s'articule autour de l'information, du divertissement et de la proximité. À partir de là, nous n'avons procédé qu'à des réglages. RTL reste toujours RTL.

Proximité, interactivité : n'y a-t-il pas un risque de verser dans la démagogie ou le populisme ?

A.D. Il suffit d'écouter la station pour s'apercevoir que nous ne sommes pas populistes. Nous ne cherchons pas à mettre des opinions à l'antenne mais plutôt des témoignages, du vécu.

Un défi se pose néanmoins à RTL : le vieillissement de ses auditeurs. Comment séduire les jeunes ?

A.D. C'est un faux débat pour moi. RTL est clairement une radio adulte. Notre ambition est de toucher le maximum de gens... et de renouveler cette population, en nous adaptant à l'air du temps, en rénovant nos programmes et en attirant de nouveaux talents.

Justement, Philippe Bouvard n'a-t-il pas fait son temps ?

A.D. Nous sommes extrêmement attachés à lui, comme il est attaché à notre station. L'audience de demain m'intéresse moins que celle d'aujourd'hui. Or, actuellement, nos auditeurs aiment Philippe Bouvard, comme le prouve la progression de 20 % d'audience qu'il a enregistrée. Nous sommes contents de l'avoir pour encore, je l'espère, de nombreuses années.

Aujourd'hui, quelle est la moyenne d'âge de l'auditoire de RTL ?

A.D. Il a en moyenne une cinquantaine d'années, et nous sommes à ce titre la plus jeune des généralistes. Sur les CSP +, nous avons progressé de 21 % en un an. RTL touche tout le monde, et particulièrement les CSP +, contrairement à l'idée qu'on s'en fait.

N'est-ce pas toutefois pour rajeunir l'antenne que vous avez mis en place il y a quelques mois un plan de mobilité volontaire ?

A.D. Non, car ce plan ne touche pas forcément des gens qui sont à l'antenne. Reste que nous avions des difficultés à renouveler nos salariés. Ce plan a eu un certain succès, puisque 53 personnes sont parties. Nous avons prévu de renouveler ces postes à hauteur de 15 % environ.

L'audience de Fun Radio s'est redressée. Comment expliquez-vous le départ subit de son directeur, Sam Zniber ?

A.D. Je ne l'explique pas vraiment. Sam Zniber a eu des opportunités de carrière et je lui souhaite d'ailleurs bonne route. Je le regrette moins aujourd'hui avec l'arrivée de Jérôme Fouqueray [ex-NRJ], avec qui j'avais déjà travaillé pendant six ans.

Qu'en est-il du Web communautaire autour des radios musicales ? À quand les Funblogs, comme il existe des Skyblogs ?

A.D. Pas de Funblogs prévus, mais de prochains développements numériques. Notre métier de base reste la radio. Internet nous a prouvé par le passé qu'il fallait se méfier et ne pas s'engouffrer tête baissée dans tout ce qui apparaît. Il faut se poser la question de la pérennité des modèles. En tout cas, nous sommes fiers d'avoir été les premiers sur les podcasts.

Qu'attendez-vous de la radio numérique, pour laquelle un appel d'offres du Conseil supérieur de l'audiovisuel est attendu cette année ?

A.D. La radio reste un média puissant et respecté. C'est son médium, le transistor, qui se ringardise. La radio numérique nous permettra de rejoindre les modes de consommation actuels. Elle va aussi offrir de nouvelles possibilités aux auditeurs grâce à l'affranchissement des fréquences, à l'écoute différée, aux données et services associés. Elle va aussi optimiser la qualité du son.

Vous n'êtes donc pas inquiet pour l'avenir de la radio ?

A.D. Si on s'éclaire du passé, jamais un média n'a tué un autre média. La révolution que nous vivons, avec ­Internet, ne tuera pas la radio, bien au contraire.

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