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Pourquoi les médias soignent leurs prix... littéraires

15/03/2007 - par Muriel Signouret

Le Salon du livre, du 23 au 27 mars, sera l'occasion de décerner plusieurs récompenses littéraires. Dont celles organisées par des médias de plus en plus nombreux à rivaliser avec les Goncourt, Renaudot et autres Femina.

Si le livre va mal, comme on le répète à l'ouverture du Salon du livre à Paris chaque année, la santé des prix littéraires, elle, est florissante, à en juger par le nombre de récompenses qui seront décernées en 2007 : pas moins de 983, selon le site prix-litteraires.net. À côté des prestigieux Goncourt, Femina et autre ­Renaudot, on trouve de plus en plus de prix remis par les médias. Au Grand Prix des lectrices de Elle, pionnier dès 1970, se sont ajoutés, pour ne citer que les plus connus, le Livre Inter et le Grand Prix RTL-Lire (1975), celui de France Télévisions (1995), de RFI ­Témoin du monde (1997), d'Europe1 (2000) ou encore de France Culture, relancé en 2006 avec Télérama. On s'y perdrait !

Pour émerger, chacun met en avant ses spécificités. RFI veille à ce que « les ouvrages sélectionnés rendent compte de la marche du monde », selon André Sarfati, directeur de la communication de la station qui vient de consacrer le Tanzanien Abdulrazak Gurnah pour son roman Près de la mer. RTL privilégie « la qualité littéraire, mais aussi l'accessibilité de l'oeuvre », explique Bernard Lehut, le Monsieur Livre de la station, qui s'apprête à remettre son trophée lors du Salon du livre. D'autres se donnent pour mission de découvrir un auteur. « Parmi les dix livres choisis par les critiques littéraires de tous les médias, aucun ne doit avoir reçu de grand prix en septembre, indique Éva Bettan, chef du service culture de France Inter, chargée d'organiser de A à Z cet événement dont la notoriété égale aujourd'hui celle des plus grands prix littéraires. Nous sommes une radio de service public et, de ce fait, notre objectif est de faire reconnaître un auteur. » C'était également l'objectif de France Culture jusqu'à ce que David Kessler, directeur de la station, reprenne les rênes du projet en 2006. « L'idée est plutôt de donner une visibilité nouvelle au lauréat », explique-t-il.

L'esprit d'un prix littéraire tient aussi à son fonctionnement. France Culture et Télérama mettent en place un jury composé de leurs propres critiques littéraires, alors que RFI fait appel aux chroniqueurs d'autres médias quand France Télévisions, qui a créé cette année un quatrième prix pour la littérature étrangère, confie la sélection à ses téléspectateurs et RTL-Lire aux libraires.

Rebond des ventes

L'organisation s'avère assez lourde. « À Elle, l'équipe travaille sur le prix toute l'année », confie Jacqueline Gérard, responsable du très convoité Grand Prix des lectrices. En plus des bandeaux rouges apposés sur les couvertures des lauréats, l'hebdomadaire assure une exposition à ses trois finalistes mensuels grâce à un partenariat signé avec Virgin. Le Livre Inter promet également un rebond des ventes : en 2006, La Chambre de la Stella, roman de Jean-Baptiste Harang (Grasset), s'est vendu à 65 000 exemplaires au total, contre 3 500 seulement avant la proclamation du prix, qui a lieu avant l'été. L'an dernier, RTL a fait émerger un premier roman, L'Inconsolable d'Anne Godard (Minuit), qui est passé de 3 000 à 25 000 exemplaires vendus.

Les médias ne lésinent pas sur les moyens pour promouvoir leurs lauréats. « La remise des prix France Télévisions se fait en direct du journal national de France 3, explique Katia Martin, responsable des prix littéraires du groupe. Sans compter la promotion faite en amont dans les émissions culturelles des chaînes et le spot de communication, réalisé le jour de la remise du prix et diffusé sur toutes les antennes du groupe pendant cinq jours. » À France Inter et RTL, qui n'offrent pas de dotation aux lauréats, la campagne de promotion se chiffre entre 100 000 et 200 000 euros. Si le coût d'un tel événement n'est pas exorbitant, les retombées sont exclusivement immatérielles. « À l'origine, il s'agissait de développer le côté culturel du magazine en montrant qu'un féminin ne s'intéressait pas qu'aux choses futiles », explique Jacqueline ­Gérard, chez Elle. C'est la recherche d'une crédibilité en la matière qui a également poussé RTL, radio populaire, à se lancer dans l'aventure, alors que France Culture entend ainsi réaffirmer ses liens avec le monde littéraire. À chacun sa culture.

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