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Le temps leur est (dé)compté

05/04/2007 - par Amaury de Rochegonde

Jusqu'au 9 avril, les radios et télévisions doivent décompter le temps de parole qu'elles accordent aux candidats à la présidentielle. Et sont tenues d'assurer l'équité dans l'accès à l'antenne.

On appelle cela la « période intermédiaire ». Depuis le 20 mars et jusqu'au 9 avril à minuit, les radios et les télévisions sont tenues d'accorder un temps de parole identique aux douze candidats à l'Élysée. Mais, ainsi qu'en a décidé le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) - époque Dominique Baudis -, ces médias restent dans le principe d'équité concernant le décompte du temps d'antenne. En clair, s'il leur est fait obligation d'accorder le même temps d'exposition à chaque aspirant à l'élection suprême, ils restent libres de s'accommoder des horaires pour remplir leurs obligations de temps de parole. D'où quelques surprises lorsqu'il s'agit de rattraper un déficit d'accès à l'antenne sur les chaînes d'information en continu. La nuit, comme l'a relevé Libération, Olivier Besancenot ou José Bové peuvent ainsi livrer aux télé­spectateurs insomniaques de LCI des discours fleuves qui sont l'exact revers de leur absence de la grille en journée. « C'est déontologiquement moyen », reconnaît Jean-Claude Dassier, directeur général de LCI, qui se dit que les gens qui regardent sa chaîne entre 2 h et 3 h du matin doivent parfois se demander où ils sont. « Nous essayons de corriger les déséquilibres à l'intérieur des tranches horaires, poursuit-il, mais il faut bien faire écho aux déclarations de Ségo et Sarko. Et nous avons cinquante journaux par jour ! C'est très difficile de présenter une copie convenable et de traiter l'actualité correctement. Pour maintenir une égalité de façade, nous risquons de faire disparaître la hiérarchie de l'information. »

De sources convergentes, le nouveau président du CSA, Michel Boyon, semble pourtant moins regardant que son prédécesseur sur la notion d'équité à l'antenne. À France 2, par exemple, le recours à l'image sans parole ou à des papiers sans extraits sonores lors des meetings permet d'accorder aux principaux candidats la place qui leur revient dans les journaux télévisés. « En ce moment, notre préoccupation, c'est le chronomètre, témoigne Arlette Chabot, directrice de l'information de la chaîne. Même les relances des journalistes sont prises en compte dans le temps de parole de l'homme politique ! Nous sommes la seule démocratie au monde avec des règles aussi strictes. » Selon elle, les choses ne devraient pas s'arranger à partir du 9 avril, puisque l'égalité absolue sera alors exigée, aussi bien sur le temps de parole que sur le temps d'antenne, à créneau horaire similaire, jusqu'au 22 avril. « J'appelle cela le double Choco BN : sur les antennes publiques, nous aurons non seulement la campagne officielle, mais aussi des règles très fortes. Ça fait beaucoup. Si quelqu'un éclate dans les sondages, nous ne pourrons pas le traiter correctement. Cela peut être assez antijournalistique. »

Casse-tête horaire

Jean-Claude Dassier fustige aussi cette réglementation « tatillonne, excessive et administrative ». À RTL, ­Jacques Esnous, directeur de l'information, estime pour sa part qu'une phase comptable qui se limite au temps de parole reste gérable, et permet « largement d'avoir une couverture journalistique » à condition d'être répartie sur l'ensemble de la journée. Là où cela se complique, c'est quand tout temps de parole accordé à un candidat doit être répliqué onze fois à la même heure. « Il y a beaucoup de puissances ­médiatiques invitantes, et il faudrait que les candidats aient des agendas harmonisés. » On peut donc arriver à ce paradoxe de faire, par commodité, moins d'émissions politiques pendant la campagne. « Ce n'est pas simple, concède Jean-­Michel Blier, chef du service politique de France3. Nous sommes obligés de freiner sur les gros candidats et de mettre le ­paquet sur les petits. Même Le Pen, qui ne fait aucun meeting, il faut le booster. Mais c'est la loi et le respect du suffrage universel. Et finalement une règle à notre avantage : que ne dirait-on pas si nous nous polarisions sur tel ou tel candidat ? »

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